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17/04/2012 02:41 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

Vente de nucléaire civil à Kadhafi: un «mensonge éhonté», affirme Sarkozy

PARIS - Le président français a qualifié de «mensonge éhonté», mardi, les affirmations de l'ancienne patronne de la société nucléaire française Areva, qui affirme que Nicolas Sarkozy a envisagé de vendre du nucléaire civil à la Libye de Mouammar Kadhafi au moins jusqu'à l'été 2010.

Le 25 juillet 2007, la France et la Libye avaient signé un «mémorandum d'entente sur la coopération dans le domaine des applications pacifiques de l'énergie nucléaire», au lendemain de la libération des infirmières bulgares.

«Il n'a jamais été question de vendre une centrale à M. Kadhafi. Et permettez-moi de vous dire que s'il y a bien dans le monde un chef d'État qui n'a pas frayé avec M. Kadhafi et qui est responsable de son départ et de ce qui lui est arrivé, je pense peut-être que c'est moi», s'est indigné le président sur la radio France Inter.

Les affirmations d'Anne Lauvergeon au sujet de la Libye constituent «un mensonge éhonté», a assuré M. Sarkozy.

«On ne peut pas me reprocher l'incohérence. Sur la Libye, c'est la France qui a conduit les opérations avec le Royaume-Uni. Alors entre ceux qui disent que M. Kadhafi a payé ma campagne, les autres (qui disent) qu'on voulait lui offrir une centrale nucléaire, est-ce que vous croyez vraiment que j'aurais fait tout cela (l'intervention militaire en Libye) si c'était vrai?», s'est-il défendu.

Anne Lauvergeon affirme que la vente de nucléaire civil à la Libye a été envisagée par l'État français au moins jusqu'à l'été 2010, date à laquelle elle dit avoir participé à une réunion sur le sujet à l'Élysée, dans un entretien paru la semaine dernière dans l'hebdomadaire «L'Express».

M. Sarkozy a décidé en juin 2011 de ne pas reconduire Mme Lauvergeon à la tête du groupe nucléaire.

En 2007, la France avait déroulé le tapis rouge au colonel Kadhafi, qui avait planté sa tente bédouine à Paris dans le parc de l'hôtel de Marigny, la résidence d'accueil des hôtes étrangers de la France, à l'issue de l'affaire des infirmières bulgares.

Accusées d'avoir délibérément inoculé le virus du sida à des enfants libyens, puis condamnées à mort et emprisonnées pendant plus de huit ans, ces infirmières étaient devenues des pions dans un interminable feuilleton en forme de chantage d'État, jusqu'à ce qu'elles soient libérées le 24 juillet 2007 grâce à la médiation de la France.

Le lendemain, le 25 juillet, Nicolas Sarkozy s'était rendu à Tripoli pour «aider la Libye à réintégrer le concert des nations». La France et la Libye avaient à cette occasion signé une entente sur «la coopération dans le domaine des applications pacifiques de l'énergie nucléaire».

Un premier projet «éventuel» de collaboration portait sur la construction d'un «moteur nucléaire pour dessaler l'eau» et produire de l'eau potable, avait alors expliqué Nicolas Sarkozy, tout en soulignant qu'aucun accord formel n'avait été signé. Ce sujet avait suscité une levée de bouclier de la part des associations antinucléaires et des écologistes.

Le mémorandum, paraphé par le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Bernard Kouchner, stipulait notamment l'objectif d'«approfondir et développer la coopération entre les deux pays dans les applications pacifiques de l'énergie atomique», et celui d'«autoriser les institutions et entreprises industrielles des deux pays à oeuvrer conjointement en vue de la réalisation de projets de production d'énergie nucléaire et de dessalement de l'eau».