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17/04/2012 12:14 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

Un magnat du BTP arrêté au Québec dans une vaste opération anti-corruption

Un important entrepreneur du bâtiment québécois, Tony Accurso, cible depuis longtemps de soupçons de corruption, a été arrêté mardi matin près de Montréal ainsi que 13 autres personnes, a annoncé la police.

Les hommes de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) ont perquisitionné l'hôtel de ville de Mascouche, une ville de quarante mille habitants de la grande banlieue nord de Montréal. Le maire, Richard Marcotte, devrait être arrêté à son retour de Cuba, a précisé la police lors d'une conférence de presse.

Au total, quatorze personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette "Opération Gravier", dont l'ancien directeur général de la ville de Mascouche, Luc Tremblay.

Cependant elles devaient être remises en liberté un peu plus tard dans la journée contre promesse de comparaître, ont indiqué le commissaire québécois à la lutte contre la corruption Robert Lafrenière et le chef du service des enquêtes sur la corruption, l'inspecteur Denis Morin, lors d'une conférence de presse.

Au total, 47 chefs d'accusations visent ces personnes et deux entreprises du bâtiment et d'ingénierie, dont "fraude envers le gouvernement", "corruption dans les affaires municipales" ou encore "abus de confiance par un fonctionnaire".

Sans vouloir entrer dans les détails, l'inspecteur Morin a expliqué qu'il s'agissait d'avantages mutuels, "en argent et en cadeaux" d'un côté et en "renseignements facilitant l'obtention de contrats" municipaux de Mascouche de l'autre.

Un entrepreneur du BTP de Mascouche lié à Tony Accurso, Normand Trudel, a lui aussi été arrêté, ainsi qu'un constructeur-promoteur Claude Duchesne. Selon l'émission de journalisme d'investigation de Radio-Canada, "Enquête", M. Trudel aurait réalisé d'importants travaux à la résidence privée du maire, en échange de contrats de travaux publics.

Une partie de l'argent qui a changé de mains dans le cadre de ce "système sophistiqué" qui s'est développé depuis 2005, a abouti dans des paradis fiscaux, a indiqué l'inspecteur Morin.

Les policiers ont reconnu que l'affaire touchait aussi au financement de partis politiques, mais ont refusé de dire s'il a profité aux libéraux au pouvoir au Québec.

La corruption dans les milieux du bâtiment et ses liens avec les milieux politiques d'une part, la criminalité organisée d'autre part sont fréquemment dénoncés dans les médias québécois. Cédant, après y avoir longuement résisté, à la pression de l'opinion, le Premier ministre libéral Jean Charest a créé en octobre dernier une commission d'enquête sur la corruption.

Le commissaire Lafrenière a rendu hommage mardi à la contribution du journalisme d'investigation dans la lutte contre la corruption.

via/jl/rap