NOUVELLES
17/04/2012 07:44 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

Un diplomate saoudien enlevé au Yémen est aux mains d'Al-Qaïda

Le ministère saoudien de l'Intérieur a réclamé la libération du vice-consul saoudien à Aden, principale ville du sud du Yémen, enlevé en mars, annonçant que ce dernier était aux mains d'Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa).

"(Aqpa) a confirmé être responsable du rapt du consul saoudien à Aden", a déclaré le porte-parole du ministère, cité par l'agence officielle Spa. Il a indiqué que les ravisseurs réclamaient la libération d'islamistes, dont des femmes, emprisonnés en Arabie saoudite, et une rançon, sans en préciser le montant.

Le porte-parole a cité des extraits d'une conversation téléphonique entre l'ambassadeur saoudien à Sanaa, Ali al-Hamdane, et un membre d'Aqpa, Mechaal Chadoukhi, à l'initiative de ce dernier, qui affirmait parler au nom du chef d'Aqpa, Nasser al-Wahishi.

L'interlocuteur de l'ambassadeur a exigé la libération de "tous" les membres du réseau détenus dans le royaume, y compris des femmes prisonnières, a rapporté le porte-parole, citant particulièrement six femmes dont Hila al-Qassir.

Celle-ci, surnommée "Madame Al-Qaïda", a été la première femme saoudienne jugée en Arabie saoudite pour implication dans des activités terroristes. Elle avait été condamnée en octobre 2011 à 15 ans de prison.

Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, cet interlocuteur a également réclamé "une rançon à convenir ultérieurement", et menacé d'attaquer des cibles saoudiennes.

"Aujourd'hui, un consul a été enlevé, demain une ambassade explosera et un prince sera tué", a menacé l'interlocuteur, selon ses propos publiés par l'agence Spa.

Le porte-parole a réaffirmé "le rejet par le royaume des actes terroristes" et rendu les ravisseurs du vice-consul "responsables de sa vie", les invitant à "le libérer".

Le diplomate saoudien avait été enlevé le 28 mars par des hommes armés à Aden, la principale ville du sud du Yémen, où des insurgés liés à Aqpa contrôlent plusieurs localités à la faveur d'un affaiblissement du pouvoir central.

Une source policière yéménite avait alors assuré que le rapt n'avait "aucune dimension politique" et que le vice-consul avait été l'objet de menaces à plusieurs reprises au cours des derniers mois en raison de "conflits personnels" avec des personnes à Aden.

Les enlèvements d'étrangers sont fréquents au Yémen, et sont le plus souvent le fait de tribus voulant faire pression sur le gouvernement.

Un diplomate saoudien avait été enlevé en avril 2011 à Sanaa par une tribu en raison d'un différend financier entre l'un de ses membres et un homme d'affaires saoudien. Le diplomate avait été libéré dix jours plus tard.

En novembre 2010, un médecin saoudien avait été enlevé dans le nord du Yémen par des hommes armés réclamant la libération de neuf activistes d'Al-Qaïda détenus au Yémen et en Arabie saoudite, et avait été relâché à la suite d'une médiation tribale.

bur/tm/cnp