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17/04/2012 10:44 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

Tunisie: affrontements à Om Larayes dans le bassin minier

Des affrontements ont éclaté mardi à Om Larayes, une localité du bassin minier dans le sud-ouest tunisien, où la police a tiré des grenades lacrymogènes pour disperser des chômeurs, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les affrontements se poursuivaient en fin d'après-midi dans des quartiers de la ville placée sous couvre-feu nocturne depuis samedi.

Des centaines de jeunes ont recommencé à manifester dès mardi matin leur colère contre la publication de listes de recrutements à la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG), principal employeur de la région.

La police a tiré des gaz lacrymogènes lorsque des groupes de manifestants ont commencé à lancer des pierres et des projectiles dans sa direction.

Des heurts avaient déjà eu lieu dimanche à Om Larayes où 605 personnes ont été admises au concours de recrutement sur 3.000 chômeurs postulants à la CPG.

Les autorités locales ont admis l'existence d'"erreurs" dans les résultats et promis d'examiner les recours, alors que la police a estimé que l'état d'urgence en vigueur devait être strictement appliqué.

Le secrétaire général du syndicat des forces de sécurité intérieure de Gafsa Ali Soltani a plaidé pour l'acheminement de renforts policiers et militaires.

"L'armée devrait se déployer pour surveiller les édifices publics et éviter les dérapages violents comme cela s'était produit en novembre", a-t-il déclaré.

En novembre dernier, la publication des résultats d'un premier concours d'embauches avait entraîné des graves violences dans deux localités, dont Om Larayes. Des bâtiments publics et des postes de police avaient été incendiés.

Des incidents s'étaient produits la semaine dernière à El Guettar, une autre localité du bassin minier, en grève depuis la publication d'un premier train de résultats. Un poste de police avait été incendié.

Au total, quelque 28.000 chômeurs ont postulé pour 4.000 recrutements effectués par le Groupe chimique tunisien (maison mère de la CPG) et sa filiale, qui ont étalé les résultats sur plusieurs semaines pour éviter les débordements.

Les derniers résultats devraient être publiés samedi prochain à Redeyef.

Le bassin minier a connu en 2008 plusieurs mois de protestation considérée comme les prémices de la révolution de 2011 dans une région riche en phosphates mais sévèrement frappée par le chômage.

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