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17/04/2012 11:09 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

Syrie: pas de progrès dans l'application du plan Annan (PM du Qatar)

Le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad Ben Jassam Al-Thani, a estimé mardi ne relever "aucun progrès" dans la mise en oeuvre du plan de l'émissaire international pour la Syrie Kofi Annan, à l'ouverture à Doha d'une réunion ministérielle arabe.

"Nous soutenons M. Annan pour son plan en six points et nous espérons que le gouvernement syrien y répondra favorablement", a déclaré cheikh Hamad, ajoutant toutefois: "nous ne voyons aucun progrès dans son application".

"Rien n'a changé, à l'exception de l'acceptation du plan" par Damas, a-t-il encore dit en présence de M. Annan, envoyé spécial de l'Onu et de la Ligue arabe sur la Syrie.

Le comité ministériel arabe sur la Syrie s'est réuni alors que les troupes gouvernementales syriennes continuaient à bombarder mardi plusieurs villes du pays malgré la présence d'observateurs de l'ONU chargés d'évaluer le respect du cessez-le-feu.

Ce cessez-le-feu, entré en vigueur jeudi, semblait ainsi de plus en plus fragile, faisant douter les pays occidentaux de la volonté du régime du président Bachar al-Assad d'appliquer le plan Annan.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a exhorté M. Annan à "s'assurer de l'application" de son plan, ajoutant toutefois que "sa mission est politique" et qu'elle "prendra du temps et demandera de la persévérance",

"Nous soutenons pleinement son plan", a assuré M. Arabi, s'exprimant au nom des participants arabes à la réunion.

Outre l'arrêt des hostilités, ce plan prévoit le droit de manifester pacifiquement et la libération des personnes arrêtées dans le cadre de la répression de la révolte populaire qui secoue le pays depuis mars 2011.

Le comité ministériel arabe regroupe l'Arabie saoudite, le sultanat d'Oman, l'Egypte, le Soudan, l'Algérie, l'Irak et le Koweït.

La presse du Qatar, proche des autorités, a appelé mardi à une intervention militaire arabe en Syrie -- l'éditorialiste du quotidien Al-Sharq a affirmé que "sans intervention militaire arabe, le cycle de la violence se poursuivra en Syrie".

De son côté, le quotidien Al-Arab a repris les propos de l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, qui a déclaré lundi à Rome que les chances de succès du plan de paix mis au point par l'ONU et la Ligue arabe pour la Syrie, "ne dépassent pas les 3%".

"La solution est l'envoi de forces arabes pour arrêter l'effusion de sang du peuple syrien", souligne le journal dans un éditorial.

L'émir avait également affirmé lundi que le peuple syrien ne devrait pas être soutenu par des moyens pacifiques mais "par les armes".

Depuis le début de la révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad en mars 2011, plus de 11.100 personnes ont été tuées dans les violences, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

fb/tm/cnp