NOUVELLES
17/04/2012 10:05 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

Syrie: appel international aux financiers et dénonciation des ventes d'armes

Une cinquantaine de pays et d'organisations, membres d'un groupe chargé du suivi des sanctions, ont appelé mardi à Paris les milieux d'affaires à rompre avec le régime de Bachar al-Assad et dénoncé les ventes d'armes à la Syrie, allusion à la Russie même si elle n'est pas citée.

Par ailleurs, la France a invité une dizaine de ministres des Affaires étrangères à participer à une réunion jeudi à Paris pour évoquer la situation en Syrie et "maintenir la pression" sur Damas, a indiqué mardi une source gouvernementale. La tenue de cette réunion n'a pas encore été confirmée.

A l'issue de la réunion tenue mardi au niveau de fonctionnaires, sur les sanctions individuelles et économiques imposées à Damas, les pays et entités membres du groupe chargé du suivi assurent dans leurs conclusions que "les sanctions ne ciblent pas la population civile de Syrie".

"Les difficultés économiques rencontrées actuellement par la Syrie sont à imputer au régime syrien qui s'est rendu coupable de nombreuses destructions, s'est isolé lui-même par ses pratiques répressives et décourage par son attitude toute activité économique en Syrie", est-il écrit.

A l'ouverture de la réunion, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, avait plaidé pour le maintien de "la pression sur le régime syrien". "Cela passe par le renforcement des sanctions, qui ont un impact sur les autorités syriennes", a-t-il dit.

Dans leurs conclusions, les participants expriment leur "ferme désapprobation de tout soutien financier ou autre, et en particulier la poursuite des ventes d'armes au régime syrien". Ils appellent "tous les Etats du groupe des amis du peuple syrien et tous les Etats qui n'ont pas à ce jour exercé de pression à se joindre à leurs efforts et isoler davantage le régime syrien".

Ils demandent aussi aux "hommes d'affaires qui soutiennent financièrement la répression sanglante et les personnes qui y contribuent d'une autre manière à rompre tous leurs liens avec le régime de Bachar al-Assad".

Selon Alain Juppé, "les mesures visant le secteur bancaire et financier, notamment le gel des avoirs de la Banque centrale syrienne, ont asséché la rente pétrolière et privé l'Etat syrien de précieuses ressources". "Nous savons que les autorités syriennes, dont les réserves financières ont, selon nos informations, été réduites de moitié, continuent à chercher activement des voies alternatives pour parer à ces sanctions", a-t-il précisé.

A en croire un responsable français s'exprimant sous anonymat, l'arrêt de l'achat par l'Union européenne de 90% de la production pétrolière syrienne a entraîné une baisse de 30% de cette dernière. Cela représente une perte mensuelle pour la Syrie de 400 millions de dollars par mois, deux milliards depuis novembre, selon cette source.

Le groupe ayant travaillé sur les sanctions a aussi appelé "tous les Syriens et les organisations de la société civile à se dissocier publiquement des violations des droits de l'homme commises par le régime syrien pouvant être considérées comme des crimes contre l'humanité".

Pour les participants, il s'agit d'obtenir "un respect intégral par les autorités syriennes de leurs obligations au titre du plan de l'envoyé conjoint des Nations Unies et de la Ligue arabe Kofi Annan et de la mise en oeuvre d'une transition politique répondant aux aspirations démocratiques du peuple syrien".

"Les personnalités faisant l'objet de sanctions qui auront démontré leur opposition à la répression sanglante pourront voir lever les mesures restrictives pesant contre elles".

"Une fois amorcée la transition démocratique, le groupe de travail international sur les sanctions s'engage à mener une réévaluation rapide des régimes de sanctions existants pour appuyer la reconstruction de la Syrie de demain en coordination avec le groupe de travail sur la reprise économique et la reconstruction co-présidé par l'Allemagne et les Emirats arabes unis".

La prochaine réunion du groupe, dans lequel figurent l'Union européenne, les Etats-Unis, la Suisse, Monaco, l'Australie, le Canada, la Ligue arabe et la Turquie, mais ni la Russie, ni l'Iran, ni le Liban ni l'Irak, est prévue en mai à Washington.

prh/dp/sd