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17/04/2012 02:40 EDT | Actualisé 16/06/2012 05:12 EDT

Sarkozy affirme n'avoir jamais voulu vendre une "centrale" nucléaire à la Libye

Nicolas Sarkozy a assuré mardi qu'il n'avait "jamais été question de vendre une centrale" nucléaire à la Libye du colonel Mouammar Kadhafi, alors qu'il avait annoncé en 2007 une "collaboration pour une usine de dessalement d'eau de mer avec un réacteur nucléaire".

"Il n'a jamais été question de vendre une centrale à M. Kadhafi et permettez-moi de vous dire que s'il y a bien un chef d'Etat qui, dans le monde, n'a pas frayé avec M. Kadhafi et est responsable de son départ et de ce qu'il lui est arrivé, je pense peut-être que c'est moi", a déclaré M. Sarkozy sur France Inter.

Lors de la visite très controversée du colonel Mouammar Kadhafi à Paris en décembre 2007, le chef de l'Etat avait annoncé aux journalistes, à l'issue d'un premier entretien avec le dirigeant libyen, que la France avait signé la signature d'une "dizaine de milliards" d'euros de contrats avec la Libye.

Parmi ces accords, il avait cité "des contrats de collaboration pour une usine de dessalement d'eau de mer avec un réacteur nucléaire, pour une coopération en matière d'armement, différents contrats économiques".

Dans un livre, l'ancienne patronne du géant nucléaire Areva, Anne Lauvergeon a accusé le gouvernement d'avoir envisagé jusqu'en 2010 de vendre ce réacteur nucléaire.

"C'est un mensonge éhonté (...) ça n'a jamais été en cause", a insisté mardi Nicolas Sarkozy, "je vous rappelle que si Benghazi a été sauvé et si M. Kadhafi est parti, c'est parce que la France est intervenue".

"Alors, entre ceux qui disent que M. Kadhafi a payé ma campagne, les autres qu'on voulait lui offrir une centrale nucléaire, est-ce que vous croyez vraiment que j'aurais fait tout cela si tout cela était vrai ?", a conclu le président sortant et candidat.

Le site d'information Mediapart a publié en mars une note laissant penser que l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi aurait financé à hauteur de 50 millions d'euros la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. Le président avait qualifié ces accusations de "grotesques".

Lors du déplacement à Tripoli de Nicolas Sarkozy en juillet 2007, la France et la Libye avaient signé un mémorandum d'accord sur le nucléaire civil qui visait notamment, selon le secrétaire général de l'Elysée de l'époque Claude Guéant, "à fournir à la Libye un réacteur nucléaire qui permette la fourniture d'eau potable" en déssalinisant l'eau de mer.

Cet accord avait suscité de nombreuses critiques. Certains avaient même soupçonné cet accord d'être une contrepartie à la libération des infirmières bulgares détenues par la Libye, ce que l'Elysée a toujours démenti.

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