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17/04/2012 02:25 EDT | Actualisé 16/06/2012 05:12 EDT

Prisons: 1.200 détenus palestiniens entament une grève de la faim (service pénitentiaire israélien)

Quelque 1.200 détenus palestiniens ont entamé mardi une grève de la faim et 2.300 autres ont décidé de refuser la nourriture pendant 24 heures, à l'occasion de la Journée annuelle des prisonniers palestiniens, ont indiqué les services pénitentiaires israéliens.

"Dans le cadre de la Journée des prisonniers, 2.300 prisonniers de sécurité ont dit qu'ils refuseraient de se nourrir aujourd'hui et 1.200 autres ont annoncé qu'ils entamaient une grève de la faim", a précisé un communiqué.

Les Palestiniens marquent chaque 17 avril la Journée des prisonniers palestiniens.

"Selon nos estimations, 1.600 prisonniers devaient commencer une grève mais il y a eu des différences d'opinion entre les prisonniers qui ont fait que tous n'ont pas rejoint le mouvement", a déclaré de son côté à l'AFP le ministre palestinien des Prisonniers Issa Qaraqaë.

"Mais ce nombre devrait augmenter dans les jours qui viennent", a-t-il promis.

La porte-parole du Club des prisonniers palestiniens a elle aussi déclaré qu'il ne s'agissait que d'une "première étape".

"Aujourd'hui marque la première étape et nous estimons que tous les prisonniers participerons (à la grève de la faim) d'ici la fin du mois", a précisé Amani Sarahne.

Huit femmes palestiniennes détenues ont indiqué qu'elles refuseraient de se nourrir en signe de solidarité avec les prisonniers de sécurité palestiniens, ont précisé les services pénitentiaires israéliens.

Côté israélien, les services pénitentiaires israéliens ont affirmé "avoir connu des grèves de la faim dans le passé et être prêts à y faire face à nouveau", précise le communiqué.

Israël doit libérer dans l'après-midi un responsable du groupe radical Jihad islamique, Khader Adnane, qui a observé récemment une grève de la faim record de 66 jours, après avoir été maintenu quatre mois en détention administrative, sans inculpation.

Sa stratégie de grève de la faim a relancé le dossier très controversé de la détention administrative, une mesure héritée du Mandat britannique sur la Palestine qui permet à Israël de garder en prison sans jugement des suspects pour des périodes indéfiniment renouvelables de six mois.

Et son exemple a inspiré neuf autres détenus palestiniens, qui ont commencé des grèves de la faim dans les prisons israéliennes ces dernières semaines.

Quatre d'entre ont été hospitalisés en prison en raison de la dégradation de leur état de santé, a indiqué le Club des prisonniers palestiniens.

Parmi eux, Bilal Diab et Thaer Halahla, détenus à la prison de Ramlé, près de Tel-Aviv, qui ont commencé une grève de la faim le 29 février. Ils sont accusés par Israël d'être liés au Jihad islamique.

Selon l'organisation palestinienne de soutien aux prisonniers Adameer, ils n'acceptent de se nourrir que d'eau minéralisée par intraveineuse.

Hassan Safdi et Omar Abou Shlal, également hospitalisés à la prison de Ramle, sont en grève de la faim respectivement depuis le 5 et le 7 mars.

Au total 4.699 Palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes, la plupart pour des motifs sécuritaires, dont 319 en détention administrative, indiquent les dernières statistiques du ministère palestinien des Prisonniers. Un total de 534 ont été condamnés à la prison à perpétuité.

Dans le passé, six Palestiniens sont morts derrière les barreaux à la suite de complications liées à des grèves de la faim: Abdul Kader Abou al-Fahem (1970), Rasem Halaweh, Anis Dawleh, Ali al-Jaafari et Ishaq Maraha au début des années 1980, et Hussein Ibeidat en 1992, selon des sources officielles palestiniennes.

dms/agr/sw