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17/04/2012 04:15 EDT | Actualisé 16/06/2012 05:12 EDT

Paix: Netanyahu s'apprête à recevoir une mise en demeure palestinienne

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devait recevoir mardi pour la première fois depuis septembre 2010 une délégation palestinienne de haut niveau, porteuse d'une lettre du président Mahmoud Abbas le mettant en demeure de revenir aux bases du processus de paix.

Le lieu et l'horaire de la rencontre n'ont pas été rendus public. L'incertitude régnait également sur la composition et le nom du chef de la délégation palestinienne.

Des représentants israéliens et palestiniens avaient indiqué ces derniers jours que la délégation palestinienne serait dirigée par le Premier ministre Salam Fayyad. Mais un responsable palestinien a fait part mardi de "réserves" de M. Fayyad quant à sa participation.

La lettre du président Abbas vise selon les Palestiniens à placer M. Netanyahu face à ses responsabilités dans l'enlisement des pourparlers de paix.

M. Abbas a néanmoins écarté la plus lourde menace à sa disposition, la dissolution pure et simple de l'Autorité palestinienne, à la suite notamment d'intenses pressions de l'administration américaine.

"Il y a beaucoup de raisons qui contribuent à l'affaiblissement de l'Autorité palestinienne, mais sa dissolution est hors de question", a déclaré M. Abbas, dans une interview publiée lundi par le quotidien palestinien Al-Ayyam.

"A la suite des actions entreprises par les gouvernements israéliens successifs, l'Autorité nationale palestinienne n'a plus aucune autorité ni réelle compétence dans les domaines politique, économique, social, territorial et de sécurité", déplore M. Abbas, selon un projet de cette lettre dont l'AFP a obtenu copie.

"En d'autres termes, l'Autorité palestinienne a perdu sa raison d'être", conclut-il, estimant que celle-ci ne pourra plus continuer à remplir ses obligations si cette situation persiste.

Le président palestinien appelle Israël à reprendre les négociations de paix sur la base des lignes d'avant juin 1967, avec des "échanges de territoire mineurs et mutuellement agréés" et du gel de la colonisation, y compris à Jérusalem-Est.

Il réitère son "engagement à une politique de tolérance zéro envers la violence" mais souligne que "la colonisation érode la confiance des Palestiniens envers l'engagement d'Israël à la réconciliation et l'idée d'une solution à deux Etats".

Il demande en outre, pour reprendre les négociations de paix, qu'Israël "libère tous les prisonniers palestiniens", en particulier ceux incarcérés avant les accords d'Oslo (1993).

Selon une autre version de la lettre qui a circulé, M. Abbas pourrait prévenir Israël que, faute de réponse positive, il relancera les démarches pour l'adhésion à l'ONU d'un Etat de Palestine.

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a réitéré la position de son gouvernement pour "des négociations sans conditions préalables", rejetant a priori les exigences palestiniennes.

"Le Hamas est aussi un problème qui n'est pas simple pour nous", a-t-il ajouté dans une interview à la radio militaire, en référence au mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, opposé aux négociations avec Israël et à toute reconnaissance de l'Etat hébreu.

Le Hamas a condamné dans un communiqué "la rencontre entre Fayyad et Netanyahu, qui coïncide avec la grève (de la faim, NDLR) des prisonniers, signe de désinvolture envers les sentiments et la souffrance de nos prisonniers, et confirme la nature de cette équipe qui pactise avec l'occupation".

Le bureau du Premier ministre israélien a affirmé le 11 avril que durant cette rencontre "M. Netanyahu proposerait d'élever le niveau des pourparlers directement entre lui-même et Abou Mazen (Mahmoud Abbas, NDLR)".

Ce message --qui n'est pas nouveau-- sera relayé par l'émissaire personnel du Premier ministre, Yitzhak Molcho, "qui doit rencontrer prochainement Abou Mazen afin de lui remettre une lettre indiquant la position d'Israël sur un futur accord avec les Palestiniens", selon le bureau de M. Netanyahu.

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