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17/04/2012 11:38 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

Netanyahu reçoit une lettre de doléances palestinienne, sans Fayyad

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a reçu mardi une lettre du président palestinien Mahmoud Abbas le mettant en demeure de revenir aux bases du processus de paix, lors d'une rencontre à Jérusalem avec deux émissaires palestiniens.

"Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son émissaire personnel Yitzhak Molcho ont rencontré ce soir (le négociateur) Saëb Erakat et Majed Faraj, le chef des services de renseignements de l'Autorité palestinienne, qui leur ont remis une lettre du président Abbas", a indiqué un communiqué agréé par les deux camps.

"Israël et l'Autorité palestinienne sont déterminés à parvenir à la paix", a assuré le bref communiqué de M. Netanyahu, en ajoutant que ce dernier transmettrait sa réponse au président Abbas "dans les deux semaines".

"Les deux parties espèrent que cet échange de lettres permettra de trouver la voie pour faire avancer la paix", conclut-il.

Côté palestinien, M. Erakat a qualifié de "sérieuse" la rencontre, qui a duré une heure dans la résidence du Premier ministre israélien à Jérusalem. "M. Netanyahu va étudier la lettre sérieusement et donner sa réponse dans les deux semaines", a-t-il confirmé.

Fait notable, le Premier ministre palestinien Salam Fayyad, qui devait initialement diriger la délégation selon des sources israéliennes et palestiniennes, n'a pas pris part à la rencontre parce que --selon M. Erakat-- il était "occupé".

Le secrétaire général du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) Yasser Abed Rabbo, également annoncé initialement, n'y a pas participé.

Une source proche de M. Fayyad avait auparavant fait part de ses "réserves" quant à sa présence.

La lettre du président Abbas, dont le contenu n'a pas été rendu public, vise, selon les Palestiniens, à placer M. Netanyahu face à ses responsabilités dans l'enlisement des pourparlers de paix.

M. Abbas a d'emblée écarté la plus lourde menace à sa disposition, la dissolution pure et simple de l'Autorité palestinienne, à la suite notamment d'intenses pressions de l'administration américaine.

"Il y a beaucoup de raisons qui contribuent à l'affaiblissement de l'Autorité palestinienne, mais sa dissolution est hors de question", a déclaré M. Abbas, dans une interview publiée lundi par le quotidien palestinien Al-Ayyam.

"A la suite des actions entreprises par les gouvernements israéliens successifs, l'Autorité nationale palestinienne n'a plus aucune autorité ni réelle compétence dans les domaines politique, économique, social, territorial et de sécurité", déplore M. Abbas, selon un projet de la lettre dont l'AFP a obtenu copie.

"En d'autres termes, l'Autorité palestinienne a perdu sa raison d'être", estime-t-il.

Le président palestinien appelle Israël à reprendre les négociations de paix sur la base des lignes d'avant juin 1967, avec des "échanges de territoire mineurs et mutuellement agréés" et du gel total de la colonisation, y compris à Jérusalem-Est.

Il demande en outre, pour reprendre les pourparlers, qu'Israël "libère tous les prisonniers palestiniens", en particulier ceux incarcérés avant les accords d'Oslo (1993).

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a réitéré mardi la position de son gouvernement pour "des négociations sans conditions préalables", rejetant a priori les exigences palestiniennes.

Le bureau du Premier ministre israélien a récemment affirmé que durant cette rencontre "M. Netanyahu proposerait d'élever le niveau des pourparlers directement entre lui-même et Abou Mazen (Mahmoud Abbas, NDLR)", un message que M. Molcho réitérerait en remettant la lettre de M. Netanyahu exposant la position d'Israël sur un accord de paix.

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