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17/04/2012 11:32 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

L'élection présidentielle aura lieu à la date prévue, dit l'armée égyptienne

L'élection présidentielle égyptienne aura lieu à la date prévue en mai, a affirmé mardi l'armée au pouvoir, alors que le pays est en proie à une tourmente politique liée à l'exclusion de candidats au scrutin et à des incertitudes sur la future Constitution.

"L'élection présidentielle aura lieu à la date prévue", a affirmé devant l'Assemblée du peuple Mamdouh Chahine, membre du Conseil suprême des forces armées, qui dirige le pays depuis la démission sous la pression populaire de Hosni Moubarak en février 2011.

Le premier tour est programmé les 23 et 24 mai, et le second tour les 16 et 17 juin. L'armée a promis de remettre le pouvoir aux civils avant la fin juin, une fois le nouveau président élu.

La course à la présidentielle a toutefois été émaillée de plusieurs surprises qui ont soulevé des interrogations sur le déroulement du processus.

La dernière en date est l'exclusion de 10 candidats sur 23, dont l'ancien vice-président Omar Souleimane, le membre des Frères musulmans Khairat al-Chater et le salafiste Hazem Abou Ismaïl, au motif d'irrégularités dans leurs dossiers de candidature.

Auparavant, l'instance chargée de rédiger la future Constitution, formée par le Parlement --dominé par les islamistes-- mais boycottée par les partis libéraux et laïques, avait été suspendue par la justice.

Les militaires au pouvoir se sont réunis dimanche avec les chefs de plusieurs partis politiques pour examiner les derniers développements. Ils ont convenu de se réunir de nouveau le 22 avril pour établir les critères de sélection des membres d'une nouvelle commission constituante.

Le maréchal Hussein Tantaoui, le chef d'Etat de facto de l'Egypte, a souligné lors de la rencontre "la nécessité de finir la rédaction de la Constitution avant la fin de la période de transition le 30 juin".

Ces propos, qui impliquent la rédaction d'une nouvelle loi fondamentale dans un délai de quelques semaines, ont provoqué des interrogations sur une possible manoeuvre destinée à reporter la présidentielle, prolonger la transition et donc maintenir plus longtemps le pouvoir militaire.

"Il est difficile de terminer la Constitution en quelques semaines, surtout avec la polarisation que connaît l'Egypte", a estimé sur Twitter Amr Moussa, l'ancien chef de la Ligue arabe et candidat à la magistrature suprême, en demandant que le scrutin se tienne à la date prévue.

L'avocat de gauche Khaled Ali, également candidat, a dit "ne pas voir de raisons logiques à cette précipitation", estimant que l'insistance de l'armée à avoir une loi fondamentale avant de remettre le pouvoir aux civils indiquait que les militaires entendaient y imposer des articles protégeant leurs privilèges.

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