NOUVELLES
17/04/2012 10:30 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

Libye: le CNT négocie avec Zenten le transfert de Seif al-Islam à Tripoli

Le pouvoir libyen négocie avec les autorités de la ville de Zenten, qui détiennent Seif al-Islam, fils du défunt dirigeant Mouammar Kadhafi, en vue de son transfert à Tripoli, a-t-on appris mardi d'une source engagée dans les négociations.

Le Conseil national de transition (CNT), qui refuse un procès de Seif al-Islam devant la Cour pénale internationale (CPI), tente de convaincre Zenten de lui remettre Seif al-Islam, visé par un mandat d'arrêt de la CPI, notamment pour crimes contre l'humanité, pour le juger à Tripoli.

"Le chef du conseil local de Zenten et des représentants de la ville ont fait part mardi au (...) Conseil national de transition, de la +volonté des habitants de Zenten de juger Seif à Zenten+", a indiqué à l'AFP un membre du CNT sous couvert de l'anonymat.

Selon cette source, ils estiment que le gouvernement "est incapable d'assurer la sécurité d'un procès de Seif al-Islam", évoquant la possibilité d'une évasion, en allusion aux cas d'autres dirigeants de l'ancien régime qui avaient réussi à fuir le pays.

Ce membre du CNT faisait partie d'une délégation du CNT qui s'est rendue lundi à Zenten (180 km au sud-ouest de Tripoli), où elle a rencontré des responsables de la ville et des ex-rebelles qui détiennent Seif al-Islam.

Une deuxième réunion a eu lieu mardi à Tripoli avec le chef du CNT, selon la même source.

Au cours de cette réunion, le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, a souligné la "nécessité de remettre Seif al-Islam à Tripoli" en vue "d'alléger la pression" exercée par la CPI sur les autorités libyennes, a-t-on ajouté de même source.

Le CNT a jugé "difficile" la tenue à Zenten d'un procès "sous le contrôle des thowars", les "révolutionnaires" ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi.

Les représentants de Zenten ont alors "demandé une période de réflexion (...) avant de donner une réponse", a-t-on ajouté de même source.

Le représentant de la Libye à la CPI Ahmed Jehani avait annoncé le 7 avril que Seif al-Islam allait être transféré à Tripoli "avant la fin de la semaine" dernière.

Seif Al-Islam, 39 ans, arrêté le 19 novembre dans le Sud libyen, est visé par un mandat d'arrêt de la CPI, notamment pour crimes contre l'humanité commis lors de la répression de la révolte populaire l'an dernier, qui s'est transformée en guerre civile.

Le gouvernement libyen a fait appel le 10 avril d'une décision de la CPI lui demandant de lui livrer "immédiatement" le fils de Mouammar Kadhafi.

Il a annoncé par ailleurs son intention de déposer le 30 avril un document contestant la compétence de la CPI pour juger Seif Al-Islam, qu'il souhaite poursuivre lui-même.

str-ila/vl