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17/04/2012 03:45 EDT | Actualisé 16/06/2012 05:12 EDT

L'ex-détenue palestinienne Hanaa Chalabi encourage les grévistes de la faim

L'ex-détenue palestinienne Hanaa Chalabi, libérée en avril par Israël mais bannie pour trois ans à Gaza après une grève de la faim de 43 jours, encourage les prisonniers qui s'engagent dans une action similaire de masse, dans un entretien à l'AFP.

Quelque 1.200 prisonniers palestiniens en Israël ont entamé mardi une grève de la faim et 2.300 autres ont décidé de refuser la nourriture pendant 24 heures pour marquer la Journée annuelle des prisonniers palestiniens et la libération de l'un d'entre eux, Khader Adnane, qui a observé récemment une grève de la faim record de 66 jours.

Khader Adnane, militant du groupe radical Jihad islamique, a inspiré depuis une dizaine d'autres détenus palestiniens.

"Les prisonniers poursuivront leur grève de la faim jusqu'à ce que leurs revendications soient satisfaites parce que c'est le seul moyen, comme l'a montré mon expérience et celle du cheikh Khader Adnane", affirme Hanaa Chalabi, 30 ans.

"Le plus grand exemple de détermination a été celui de cheikh Khader Adnane", souligne l'ex-détenue qui faisait partie des 27 femmes d'un groupe de 1.027 prisonniers palestiniens relâchés par Israël en échange de la libération en octobre du soldat israélien Gilad Shalit, avant d'être de nouveau arrêtée en février.

Elle était accusée par l'armée israélienne d'être un "agent du jihad mondial".

"Nous appelons les masses palestiniennes à exercer une pression populaire sur la puissance occupante afin d'améliorer les conditions des prisonniers, mettre fin à la détention administrative et obtenir la libération des prisonniers malades", ajoute Hanaa Chalabi, qui avait passé plus d'un an et demi en détention administrative avant son élargissement en octobre.

"Nous appelons les prisonniers à ne pas céder à l'ennemi. Ils sont la lueur d'espoir qui illumine la nation palestinienne et unit le peuple palestinien. Quoi que nous fassions pour les prisonniers --et je suis passée par cette expérience pénible dans les prisons de l'occupation-- cela ne sera jamais assez", plaide l'ex-détenue.

"Je demande aux gouvernements de Gaza et Ramallah de continuer à oeuvrer à la cause des prisonniers", poursuit-elle, en référence au mouvement islamiste Hamas et à l'Autorité palestinienne, qui dirigent respectivement la bande de Gaza et les zones autonomes de Cisjordanie.

Originaire de la région de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, l'ex-prisonnière "partage la souffrance de la population de Gaza sous le blocus injuste" d'Israël.

"Malgré le blocus de la bande de Gaza, je ne me sens pas en prison, au contraire, je me sens dans ma famille et parmi les miens (...) j'ai triomphé de l'ennemi en venant à Gaza", assure-t-elle.

Hanaa Chalabi avait accepté d'arrêter sa grève de la faim le 29 mars à la suite d'un accord avec les autorités israéliennes --qui a suscité des critiques de Palestiniens-- aux termes duquel elle a été exilée pour trois ans dans la bande de Gaza.

"Aujourd'hui, je me tiens fièrement sur la terre de Gaza qui a vaincu l'occupation, comme l'a fait sa soeur Jénine à la même époque de l'année 2002", dit-elle, en faisant allusion à la résistance acharnée des combattants du camp de réfugiés de Jénine face à l'armée israélienne il y a dix ans.

"Et je dis avec conviction que j'ai quitté une arène pour une autre", proclame la jeune femme, "la bande de Gaza n'est pas un lieu de détente mais une citadelle de la lutte pour la libération".

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