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17/04/2012 08:21 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

Le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, aurait été approché par la BoE

OTTAWA - La Banque du Canada a nié les allégations rapportées par un média britannique, selon lesquelles le gouverneur de l'institution canadienne, Mark Carney, avait été approché par la Banque d'Angleterre (BoE) pour y occuper des fonctions semblables.

Le Financial Times de Londres a rapporté qu'un représentant de la branche de la Banque d'Angleterre supervisant la banque centrale britannique avait approché M. Carney pour lui parler d'un éventuel remplacement de Mervyn King, en juin prochain.

Le porte-parole de la Banque du Canada, Jeremy Harrison, a affirmé à La Presse Canadienne que ces allégations ne sont pas exactes.

M. Carney lui-même n'était pas disponible pour commenter l'affaire, mais il est pratiquement certain qu'il devra répondre à des questions à ce sujet mercredi. Il tiendra alors un point de presse à Ottawa pour le dévoilement des plus récentes perspectives économiques de la banque centrale.

La nomination d'un étranger à la tête de la Banque d'Angleterre serait des plus inusitées, mais M. Carney n'est pas qu'un simple citoyen canadien au Royaume-Uni. Il a séjourné à Londres pendant des années lorsqu'il travaillait pour la Goldman Sachs, et a acquis au fil du temps une solide réputation internationale.

Il a été nommé, l'an dernier, à la tête du Conseil de stabilité financière (FSB), un organisme chargé de superviser la réforme bancaire à l'échelle mondiale. Il a aussi été cité au palmarès des 25 personnalités les plus influentes du monde par le magazine Time.

Il était également perçu comme l'un des possibles candidats à la succession de Dominique Strauss-Kahn au Fonds monétaire international (FMI), que l'ancienne ministre des Finances de la France, Christine Lagarde, a fini par remporter.

Âgé de 47 ans, M. Carney a été nommé gouverneur de la Banque du Canada en février 2008 et il lui reste trois autres années à compléter pour remplir son mandat de sept ans.

Le Financial Times soulignait par ailleurs que le candidat le plus susceptible de remplacer Sir Mervyn était Paul Tucker, le gouverneur adjoint à la stabilité financière de la Banque de l'Angleterre.

Mais certains estiment que la banque centrale britannique aurait besoin d'un coup de balai à la suite de «la lourdeur de la réponse à la crise financière», indique-t-on.

Le Canada figure parmi les pays qui sont sortis le plus rapidement de la récession mondiale de 2008-2009. Le blason de M. Carney est d'autant plus reluisant qu'aucune institution bancaire n'a déclaré faillite au pays.

Le Financial Times souligne qu'il serait ardu pour un Canadien de prendre les rênes de la BoE, créée il y a 318 ans.

«En tant que citoyen canadien, il demeure un sujet de la reine. C'est important», rapporte le Financial Times en citant une source anonyme favorable à la candidature de M. Carney.