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17/04/2012 11:02 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

La reprise est bien engagée au Canada, affirme le Fonds monétaire international

OTTAWA - Le Canada tire profit des conditions économiques mondiales généralement améliorées, mais un grand nombre de risques externes et internes pourraient encore faire dérailler la fragile reprise, prévient le Fonds monétaire international (FMI).

Dans son rapport d'avril sur les perspectives de l'économie mondiale, rendu public mardi, le FMI prédit que l'économie canadienne enregistrera une croissance de 2,1 pour cent cette année et de 2,2 pour cent en 2013 — une amélioration par rapport aux prédictions de 1,7 et deux pour cent faites en janvier.

Bien que modérés par rapport aux normes historiques, les taux de croissance attendus placent le Canada aux côtés des États-Unis au sommet du G7, groupe des sept pays les plus industrialisés au monde.

L'économie mondiale, menée par la Chine, devrait connaître une croissance de 3,5 pour cent cette année et de 4,1 pour cent l'an prochain.

«Au Canada, la reprise est bien engagée et l'économie bien positionnée, les autorités bénéficiant d'une marge de manoeuvre pour réagir avec souplesse à l'évolution des perspectives économiques, y compris en laissant pleinement jouer les stabilisateurs budgétaires automatiques et en recourant à des mesures de relance en cas de signes d'essoufflement de la reprise», a écrit le FMI.

La prévision de 2012 pour le Canada correspond maintenant à ce à quoi s'attendent en moyenne les économistes canadiens, qui sont toutefois un peu plus optimistes que l'organisme international en ce qui a trait à 2103.

Selon les dernières prévisions du FMI, le taux de chômage du Canada devrait baisser d'un dixième de point par année entre 2011 et 2013. De 7,5 pour cent, il devrait donc passer à 7,3 pour cent.

Néanmoins, le rapport de l'organisme est truffé de mises en garde quant aux risques et incertitudes pesant sur l'économie.

Le FMI juge que la crise de la dette en Europe est loin d'être terminée et qu'elle pourrait être contagieuse pour d'autres économies avancées, incluant les États-Unis et indirectement le Canada. De plus, les économies émergentes pourraient ne pas se comporter aussi bien que prévu.

Par ailleurs, les craintes se font croissantes quant à la possibilité que l'instabilité politique au Moyen-Orient se traduise par une poussée des cours du pétrole, mais aussi que l'impasse politique à Washington lie les mains des décideurs, et que les nations émergentes se comportent en deçà des attentes.

Le FMI estime significatifs les risques de diminution des perspectives économiques du Canada et des États-Unis.

«Au Canada, le marché immobilier est potentiellement vulnérable du fait du niveau élevé des prix et de l'endettement croissant des ménages», a écrit l'organisme dans son rapport.

«Il est aussi exposé aux risques précédemment examinés étant donné l'importance des effets de contagion provenant des États-Unis», a ajouté le FMI.

Ottawa doit, d'après l'organisme international, poursuivre l'assainissement de ses finances publiques «bien qu'il lui soit possible d'en ralentir le rythme si les risques de révision à la baisse de la croissance se concrétisent».