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17/04/2012 05:02 EDT | Actualisé 16/06/2012 05:12 EDT

La polémique enfle autour du Grand prix de Formule 1 de Bahreïn

La polémique enfle autour du Grand prix de F1 de Bahreïn, alimentée par les critiques sur l'état des droits de l'Homme dans ce petit royaume du Golfe et un appel des autorités à ne pas instrumentaliser l'évènement que l'opposition chiite veut utiliser pour faire entendre sa voix.

"Alors que les regards du monde se tournent vers Bahreïn qui prépare son Grand prix, personne ne doit avoir d'illusion sur la fin de la crise concernant les droits humains", a estimé mardi l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International, à trois jours des essais sur le circuit Sakhir, au sud de la capitale Manama.

Du côté des autorités, le prince héritier de Bahreïn a appelé lundi les opposants à ne pas instrumentaliser le Grand prix qui se court le 22 avril.

"Ce prix est plus qu'un évènement sportif et il ne faut pas qu'il soit utilisé à des fins politiques", a déclaré le prince Salmane ben Hamad Al-Khalifa, au moment où l'opposition a intensifié les manifestations pour tenter de faire aboutir ses demandes d'une monarchies constitutionnelle.

Pour Amnesty, "les autorités tentent de dire que le pays est sur la voie de la réforme alors que nous continuons de recevoir des informations sur des tortures et un usage excessif de la force contre les manifestants" estimant que "les réformes n'ont touché que la surface".

Les opposants ont commencé dimanche un mouvement de mobilisation intitulé "semaine de rage" qui doit culminer avec le Grand prix. La police a dispersé lundi soir une foule de manifestants à Salmabad, village chiite au sud de Manama, selon l'opposition.

A Londres, deux manifestants, qualifiés de "terroristes" par Manama ont grimpé lundi sur le toit de l'ambassade de Bahreïn et déroulé une bannière en soutien à un militant emprisonné et en grève de la faim.

Abdel Hadi al-Khawaja, a été condamné avec d'autres opposants à la prison à vie pour avoir, selon le régime, comploté en vue de renverser la monarchie sunnite au pouvoir à Bahreïn. Il a débuté une grève de la faim début février.

La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a réclamé mardi la libération de cet opposant, également de nationalité danoise, appelant les autorités de Bahreïn à trouver au plus vite "une solution compatissante, pragmatique et humanitaire".

L'opposition prévoit de manifester mardi soir près de l'aéroport international de Bahreïn où les équipes de F1 commencent à arriver.

La Fédération internationale automobile (FIA) avait mis fin vendredi à des semaines de spéculations en annonçant que la course, annulée l'année dernière en raison du mouvement de contestation qui secouait alors le petit royaume du Golfe, aurait lieu à la date prévue.

La répression au printemps 2011 avait fait 35 morts, dont cinq sous la torture, avait indiqué en novembre une commission d'enquête indépendante alors qu'Amnesty International parle de 60 morts depuis le début de la contestation.

Human Rights Watch a dénoncé la décision de la FIA de maintenir la course et l'organisation Reporters Sans Frontières (RSF) a lancé une campagne sur le thème "L'important c'est de ne pas participer" pour réclamer le boycott du GP.

Lundi, l'International Crisis Group (ICG) a estimé que le Grand prix risquait d'alimenter la violence à Bahreïn, où les chiites majoritaires demandent des réformes politiques à la famille royale descendant d'une longue lignée sunnite.

"Derrière la façade d'une normalisation, Bahreïn est en train de glisser dangereusement vers une éruption de violence", a ajouté l'ICG, en appelant le gouvernement à répondre aux demandes de réformes.

Le grand argentier de la F1, Bernie Ecclestone, a défendu dimanche le maintien du Grand prix de Bahreïn. "Vous pensez qu'en annulant le prix, tous les problèmes vont disparaître ?", avait-il déclaré à l'AFP en marge du Grand prix de Shanghaï.

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