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17/04/2012 06:18 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

Des militaires arrêtent plusieurs responsables politiques au Mali

BAMAKO, Mali - Des soldats ont arrêté, mardi, le chef de l'un des principaux partis politiques maliens et de hauts responsables du gouvernement renversé lors du coup d'État, suscitant des questions sur le rôle que continue de jouer l'armée, alors qu'un nouveau premier ministre a été nommé pour diriger le gouvernement intérimaire.

Cheick Modibo Diarra, ancien scientifique de la NASA et président de Microsoft Afrique jusqu'en 2011, a été nommé premier ministre et a été chargé d'organiser les prochaines élections. Il était candidat à la présidentielle prévue le 29 avril avant le coup d'État du 21 mars.

Sa nomination survient quelques jours après l'investiture d'un nouveau président par intérim, après la conclusion d'un accord entre la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et le chef des putschistes, le capitaine Amadou Sanogo, censé ouvrir la voie au rétablissement du gouvernement civil.

Mais depuis la conclusion de l'accord, le capitaine Sanogo a plusieurs fois affirmé qu'il avait l'intention de continuer de jouer un rôle important dans la politique malienne, en particulier après la période de transition de 40 jours prévue par la Constitution.

Mardi, des soldats ont arrêté Soumaïla Cissé, chef de l'Union pour la République et la démocratie (URD), devant son domicile à Bamako, selon un député de son parti, Abdoul Malick Diallo. D'après lui, l'ex-ministre a été blessé lors de cette arrestation, mais il a dit ignorer la gravité de ses blessures. Soumaïla Cissé était l'un des principaux candidats à la présidentielle du 29 avril.

Le général chargé de la protection du président renversé a aussi été arrêté, de même que l'ancien ministre de la Défense.

Lundi soir, l'ex-premier ministre malien Modibo Sidibé a de nouveau été arrêté, quelques jours après avoir été relâché, d'après l'un de ses conseillers, Cheickna Diarra.

Selon M. Diarra, l'ancien chef du gouvernement a été appréhendé à son domicile par des hommes arrivés à bord de véhicules militaires. Il a dit ne pas connaître les motifs de cette interpellation, ni le lieu où il a été conduit. Modibo Sidibé faisait partie de la dizaine d'hommes politiques arrêtés juste après le putsch du 21 mars dernier, puis relâchés.

Dans un communiqué, la délégation de l'Union européenne au Mali s'est dite préoccupée et a appelé à la libération immédiate des personnes interpellées.

«Dès que j'ai été mis au courant, j'ai contacté le capitaine Sanogo pour lui dire que ce n'est pas le genre de chose qui devrait se passer dans un État de droit, et qu'il devrait prendre des mesures pour que ceux qui ont été arrêtés sachent d'abord pourquoi ils ont été arrêtés, et pour qu'ils soient possiblement libérés», a dit le président par intérim, Dioncounda Traoré, à l'Associated Press.

«Il m'a promis de se pencher sur la question aujourd'hui. Donc je pense que c'est un problème qui sera résolu aujourd'hui, sauf pour ceux qui ont quelque chose à se reprocher», a ajouté M. Traoré.