NOUVELLES
17/04/2012 01:16 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

Bissau: dirigeants libérés une fois les conditions de sécurité réunies (armée)

L'ancien Premier ministre de Guinée-Bissau Carlos Gomes Junior et le président intérimaire Raimundo Pereira seront libérés quand "les conditions de sécurité seront réunies", a affirmé mardi le porte-parole de la junte qui a pris le pouvoir à Bissau à des journalistes de l'AFP et Radio France Internationale (RFI).

"Ils seront libérés quand les conditions de sécurité seront réunies", a déclaré sans plus de précision Daba Na Walna, porte-parole de l'armée et de la junte en Guinée-Bissau.

Mais, a-t-il prévenu, "il n'est pas question que Carlos Gomes Junior participe à une élection présidentielle" en Guinée-Bissau.

MM. Gomes Junior et Pereira ont été arrêtés lors du coup d'Etat du 12 avril, à un peu plus de deux semaines du deuxième tour de la présidentielle dont M. Gomes Junior, candidat du parti au pouvoir, était le favori.

Ils sont détenus avec d'autres ministres du gouvernement déchu.

Daba Na Walna a une nouvelle fois accusé M. Gomes Junior d'avoir "remis aux autorités angolaises une lettre secrète dans laquelle il demanderait (au secrétaire général de l'Onu) Ban Ki-moon d'envoyer une force militaire en Guinée-Bissau alors que notre pays n'est pas en guerre".

Selon lui, la décision d'envoyer cette force en Guinée-Bissau "n'a pas été discutée en conseil des ministres et n'a pas ratifiée par l'Assemblée nationale".

Le porte-parole de la junte a accusé l'Angola d'être "un pays expansionniste qui est intervenu en Côte d'Ivoire, au Congo pour remplacer (l'ancien président) Pascal Lissouba et un peu partout en Afrique centrale".

"L'Angola veut transformer la Guinée-Bissau en une province, en une colonie angolaise. Elle est en train de trop étendre son influence", a-t-il martelé.

Les putschistes avaient déjà justifié le coup en dénonçant un "accord secret" passé, selon eux, entre la hiérarchie militaire, l'exécutif et l'Angola en vue de "faire éliminer" l'armée par les soldats angolais présents en Guinée-Bissau.

"Nous n'avons aucune ambition pour le pouvoir, a affirmé le porte-parole des putschistes. Notre action visait juste à prévenir une agression extérieure contre les forces armées de la Guinée-Bissau".

Evoquant la récente mission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cédéao) à Bissau, Daba Na Walna a indiqué que la junte lui a réitéré "comme au premier jour que nous n'avions pas l'intention de emparer du pouvoir".

"Cela n'a pas été difficile d'avoir un accord avec la Cédéao. Nous avons convenu qu'elle doit envoyer une équipe technique pour venir nous aider à trouver une solution en passant par le respect de la Constitution afin de sortir de cette crise", a-t-il affirmé.

La Cédéao a exigé mardi le rétablissement de l'ordre constitutionnel, faisant de la libération des dirigeants arrêtés la "condition sine qua non" d'une normalisation.

Pour sa part, l'Union africaine a suspendu la Guinée-Bissau de toutes ses instances et menacé les putschistes de sanctions. "En expliquant ce qui s'est passé, les gens pourront mieux nous comprendre et je suis certain que l'Union africaine pourra revenir sur sa décision", a dit M. Da Walna.

mrb-aye/alc/sba