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17/04/2012 10:28 EDT | Actualisé 17/06/2012 05:12 EDT

Ahmadinejad sur une île disputée est "une provocation" (monarchies du Golfe)

Les monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont qualifié mardi de "provocation" la récente visite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à Abou Moussa, l'une des trois îles au centre d'un conflit entre l'Iran et les Emirats arabes unis.

La visite de M. Ahmadinejad est "un acte de provocation et une flagrante violation de la souveraineté des Emirats sur ses trois îles", ont estimé les ministres des Affaires étrangères des six Etats membres du CCG dans un communiqué, au terme d'une réunion extraordinaire à Doha.

La visite "contrevient à la politique de bon voisinage (...) et aux efforts pacifiques déployés par le Etats du CCG pour un règlement de l'affaire de l'occupation des trois îles".

Les ministres ont invité l'Iran à "répondre aux appels des Emirats arabes unis pour un règlement pacifique et juste par la négociation ou par un recours à la Cour internationale de justice (CIJ)".

Ils ont également exprimé "l'entière solidarité" de leurs pays avec les Emirats et leur soutien à "toutes les mesures qu'ils entreprendront pour recouvrer leurs droits et leur souveraineté sur les îles" disputées.

Les monarchies du CCG ont en outre invité Téhéran "au respect mutuel et à la non-ingérence dans les affaires internes d'autrui (...) pour prévenir l'instabilité dans cette région, importante pour la paix et la sécurité mondiales".

"Toute agression contre l'un des pays membres du CCG (...) est une agression contre tous les Etats membres", ont averti les ministres, sans plus de précisions.

La réunion, à la demande des Emirats, s'est tenue dans un contexte de tension régionale croissante, Abou Dhabi ayant rappelé son ambassadeur à Téhéran et intensifié les critiques contre l'Iran.

Téhéran rejette les revendications des Emirats sur Abou Moussa et les îlots de la petite et grande Tomb dont il a pris le contrôle en 1971, après le départ des forces britanniques du Golfe.

Mais le chef de la diplomatie émiratie, cheikh Abdallah ben Zayed, a averti lundi que ce conflit pourrait menacer "la paix et la sécurité mondiales", s'il n'était pas résolu à l'amiable ou à travers le recours à la CIJ.

Le président iranien a pour sa part déclaré mardi que l'Iran était favorable à la coopération pour maintenir la paix dans le Golfe, mais qu'il défendrait avec "détermination" son intégrité territoriale contre toute agression.

En prévision de la réunion de Doha, la presse saoudienne a exhorté mardi les dirigeants du CCG à agir contre l'Iran et ne pas se contenter de communiqués de protestation.

La question des trois îles "semble connaître le même sort que la cause palestinienne", écrivait le quotidien Okaz, estimant qu'une simple condamnation de la visite d'Ahmadinejad "serait sans effet".

Le quotidien Al-Watan a relevé "une volonté de l'Iran de conférer un caractère persique au Golfe par sa politique d'implantation qui ne diffère guère de celle de l'entité sioniste, fondée sur l'occupation".

Al-Riyadh a fait état en Iran d'"un mécontentement parmi les musulmans sunnites, les Arabes chiites et d'autres minorités, qui forment le tiers du peuple iranien".

"Pourquoi ne pas s'allier avec ces minorités et les aider, tout comme fait l'Iran avec les minorités confessionnelles dans les monarchies du Golfe ?", écrivait ce quotidien à l'adresse des dirigeants du CCG.

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