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14/04/2012 06:51 EDT | Actualisé 14/06/2012 05:12 EDT

Tunisie: "les blessures du passé doivent être soignées" (Marzouki)

Le président tunisien Moncef Marzouki a insisté samedi sur la nécessité de soigner "les blessures du passé" de l'histoire tunisienne, tout en insistant sur la nécessité de solder les comptes avant toute réconciliation.

"Nous avons foi en la justice transitionnelle et non en une justice vengeresse. Mais une justice qui oublie de solder les comptes n'est pas une justice", a déclaré M. Marzouki à l'ouverture d'une conférence nationale sur la justice transitionnelle.

"Rendre des comptes n'est pas la vengeance. Les Tunisiens attendent des résultats palpables, ils ne peuvent patienter indéfiniment. Les blessures du passé doivent être soignées et guéries", a ajouté l'ex-opposant au régime du président déchu Zine el Abidine Ben Ali.

Le président s'exprimait devant un parterre de d'associations de victimes, anciens prisonniers politiques ou personnes spoliées sous les régimes de Bourguiba et/ou Ben Ali, ainsi que des représentants de l'ONU et d'associations internationales.

"Nous devons réparer les injustices, rétablir le droit des victimes", a enchaîné le président de l'Assemblée constituante Mustapha Ben Jaafar, lui aussi ancien opposant. Il a reconnu "la lenteur" et "les hésitations" dans les poursuites juridiques contre les anciens bourreaux ou ceux qui ont pillé les richesses du pays.

"Il est possible de pardonner. Mais il faut régler les comptes avant la réconciliation", a également souligné M. Ben Jaafar.

"La justice transitionnelle est un dossier national qui intéresse tous les Tunisiens", a déclaré pour sa part le Premier ministre islamiste Hamadi Jebali, en appelant à la "réhabilitation" des opposants islamistes durement réprimés sous Bourguiba et Ben Ali

"La mémoire nationale doit retenir tous les sacrifices qu'ils ont pu consentir" pour le pays, a dit M. Jebali, qui a lui-même passé 15 années dans les geôles de Ben Ali, dont une longue partie à l'isolement.

La conférence ouverte samedi constitue la première étape d'un dialogue national associant responsables politiques, associations et victimes pour élaborer un projet de loi sur la justice transitionnelle qui sera soumis à l'Assemblée constituante.

Plusieurs commissions d'enquête (sur les abus de l'ancien régime, sur la corruption) ont été créées après la révolution.

L'ancien président Ben Ali et plusieurs membres de sa famille ont déjà été condamnés par contumace à des décennies de prison.

cf/jms