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14/04/2012 11:29 EDT | Actualisé 14/06/2012 05:12 EDT

Six civils tués en Syrie, vote à l'ONU pour autoriser l'envoi d'observateurs

Les forces syriennes ont tué samedi six civils et bombardé la ville de Homs, tandis que le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé à l'unanimité l'envoi d'observateurs pour surveiller le fragile cessez-le-feu.

Le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité de ses 15 membres la résolution 2042, la première sur la Syrie, autorisant le déploiement d'une équipe de 30 observateurs non armés.

"Cinq ou six" d'entre eux ont pris l'avion après le vote samedi, a indiqué à l'AFP Kieran Dwyer, porte-parole du département des opérations de maintien de la paix de l'ONU. Les autres devraient les rejoindre dans les prochains jours. Au total, la mission complète devrait compter 250 hommes, selon l'ONU. Son déploiement se fera sur plusieurs semaines et nécessitera une nouvelle résolution.

Moscou et Pékin, qui avaient bloqué des résolutions précédentes, ont donné leur accord après de longues tractations.

Mais au troisième jour du cessez-le-feu instauré conformément au plan de l'émissaire international Kofi Annan, le régime et les opposants continuent de s'accuser de violer la trêve, même si l'intensité des violences n'est pas comparable aux derniers mois où les victimes se comptaient chaque jour par dizaines.

Dans l'incident le plus meurtrier depuis la trêve, les forces de sécurité ont tué samedi quatre civils à Alep (nord), deuxième ville du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "De quel respect du cessez-le-feu parlent-ils? Le régime continue de tuer le peuple!" s'est insurgé Mohammad al-Halabi, un militant de la ville.

Les troupes ont aussi abattu un civil à Dmeir dans la province de Damas et bombardé Homs (centre) où un civil a péri, selon l'ONG. Parallèlement, deux membres des forces de sécurité sont morts dans une attaque à Deraa (sud).

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne, a salué la résolution onusienne, un "premier pas important de la communauté internationale dans ses responsabilités à l'égard du peuple syrien".

A l'ONU, l'ambassadrice américaine Susan Rice a estimé peu après le vote que le regain de violence "fait douter à nouveau sérieusement de la volonté du régime" de Bachar al-Assad de respecter le cessez-le-feu.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, a espéré dans un communiqué que la résolution marque "un tournant vers une sortie de crise en Syrie et qu'elle ouvre la voie à une cessation totale des violences".

Et Londres et l'Union européenne ont appelé la Syrie à coopérer avec les observateurs.

Contrairement aux mois précédents, les médias d'Etat rapportent depuis jeudi une grande partie des incidents signalés par les militants, les attribuant à des "groupes terroristes armés" accusés de vouloir "saboter le plan Annan".

De nouvelles manifestations ont en outre eu lieu dans plusieurs villes. Ce type de rassemblements étaient brutalement réprimés ces derniers mois.

Les militants pro-démocratie ont appelé samedi sur leur page Facebook "Syrian Revolution 2011" à une "semaine de la révolution des Syriens". M. Assad est le seul chef d'Etat contesté dans la foulée du Printemps arabe toujours au pouvoir.

L'opposition a dit ne pas être rassurée quant à l'application du plan Annan visant à mettre fin à la répression depuis un an d'une révolte populaire, qui a fait plus de 10.000 morts selon l'OSDH.

"La présence d'observateurs va réduire les tueries sans aucun doute, mais comment 30 observateurs peuvent-ils travailler sur toute la Syrie?", s'est interrogé Samir Nachar, un responsable du Conseil national syrien.

La résolution 2042 exige des garanties du régime Assad sur la sécurité des observateurs, leur liberté de mouvement et la confidentialité de leurs déplacements, ce que les Russes avaient contesté dans un premier temps.

bur-ram/emp/sam