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14/04/2012 05:47 EDT | Actualisé 14/06/2012 05:12 EDT

Mali: discussions pour fixer la "feuille de route" de la transition

Des discussions autour du médiateur, le président burkinabè Blaise Compaoré, se sont ouvertes samedi à Ouagadougou, pour fixer une "feuille de route" pour la transition après le retrait des putschistes et trouver une issue à la crise au Nord tenu par des groupes armés.

Le même jour, le mouvement islamiste armé Ansar Dine a libéré 160 militaires qui avaient été faits prisonniers lors des combats qui ont démarré en janvier. "Nous l'avons fait au nom de Dieu", a déclaré à l'AFP un proche d'Iyad Ag Ghaly, le chef d'Ansar Dine.

Ce groupe s'impose de plus en plus dans le nord du Mali, avec le soutien d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Deux otages français d'Aqmi enlevés en novembre 2011 dans le Nord, Philippe Verdon et Serge Lazarevic, apparaissent sur une vidéo tournée en février et envoyée au Burkina Faso qui, selon une source sécuritaire burkinabè, l'a transmise au gouvernement français.

Désigné médiateur par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) dans la crise malienne, M. Compaoré a affirmé que la réunion de Ouagadougou devait permettre d'aboutir à "une feuille de route consensuelle" pour "parachever la mise en oeuvre" de l'accord politique conclu récemment avec la junte de Bamako.

Cet accord a permis le transfert du pouvoir des putschistes du 22 mars aux civils et l'investiture jeudi de l'ex-président de l'Assemblée nationale Dioncounda Traoré comme chef de l'Etat par intérim.

La réunion, à huis-clos, a aussi pour objectif d'élaborer, dans le respect de l'intégrité territoriale du pays, "une approche de sortie de crise au nord du Mali", sous la coupe de la rébellion touareg et de groupes islamistes armés.

Après l'intronisation de M. Traoré, un Premier ministre doté des "pleins pouvoirs" doit être désigné. Il dirigera un gouvernement d'"union nationale" comptant une vingtaine de personnalités "consensuelles".

La composition de ce gouvernement, qui devrait intégrer des membres de l'ex-junte ayant renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT), sera au menu des discussions, de même que la durée de la transition.

L'intérim de Dioncounda Traoré doit théoriquement se conclure au bout de 40 jours par des élections présidentielle et législatives. Mais l'accord obtenu par la Cédéao a déjà pris acte de l'impossibilité de tenir ce délai.

Plus de 80 personnes participent aux échanges autour du médiateur.

La délégation de l'ancienne junte est conduite par Moussa Sinko Coulibaly, directeur de cabinet de l'ex-chef des putschistes, le capitaine Amadou Sanogo. L'un des leaders politiques du mouvement pro-junte, Oumar Mariko, est présent.

Les vice-présidents de l'Assemblée nationale et des représentants de plusieurs ex-candidats à la présidentielle qui était prévue le 29 avril sont aussi présents, de même que des représentants de l'assemblée régionale de Kidal (nord), le Collectif des ressortissants du Nord et des responsables chrétiens et musulmans.

La plus grande urgence est de trouver une issue à la crise au Nord, où la multiplication des exactions et les pénuries de vivres et de médicaments inquiètent la communauté internationale.

La Cédéao continue de brandir la menace d'une intervention militaire régionale au Nord en cas d'échec du dialogue, mais ses contours demeurent flous.

Le Nord malien est contrôlé depuis fin mars par les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), Ansar Dine et des trafiquants en tous genres. Des éléments du groupe islamiste nigérian Boko Haram ont également été signalés.

roh-tmo/jms