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14/04/2012 10:16 EDT | Actualisé 14/06/2012 05:12 EDT

Le Titanic, victime d'un iceberg et de milliards de bactéries

Dans vingt ou trente ans, il ne restera plus rien du Titanic, grignoté par des bactéries, "sauf un tas de rouille", estime la scientifique canadienne Henrietta Mann, qui a consacré à la question quatre années de recherches.

La grande expédition scientifique sous-marine de 1991 a permis de ramener à la surface des "rusticles", d'étranges excroissances en forme de glaçons qui ont poussé sur la coque de l'immense paquebot. Mme Mann, biologiste et géologue travaillant pour l'université Dalhousie d'Halifax (est), en a obtenu des spécimens auprès de l'Institut Bedford d'océanologie et les a étudiés sous microscope électronique.

Elle a constaté qu'ils ne résultaient pas d'un processus chimique, qui fait rouiller le fer, mais biologique, même si le produit final ressemble un peu à la rouille classique.

Le terme de "rusticle" a été forgé par analogie avec "rust" et "icicle", rouille et glaçon en anglais, par le chercheur américain Robert Ballard qui les avait vus le premier. Certains rusticles atteignent la taille d'un homme, dit la biologiste.

Des milliards de bactéries d'une vingtaine d'espèces - dont elle a découvert une nouvelle, la Halomonas Titanicae, "mâchent" l'acier et le transforment en cristaux de fer, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de leur organisme.

Invisibles à l'oeil nu - elles mesurent 1,6 micromètre - les bactéries se multiplient et vont vite en besogne.

Certes, dit Henrietta Mann à l'AFP, "le Titanic c'est près de 50.000 tonnes d'acier, et je ne connais pas exactement la vitesse du processus". Mais elle dit comparer attentivement les images tournées par les chercheurs descendus à l'endroit où le bateau repose par 3.800 mètres de fond, et tente d'évaluer sa progression.

"Dans vingt ou trente ans, il n'en restera qu'un tas de rouille", affirme-t-elle.

La disparition future du Titanic marquera, certes, une perte pour le patrimoine matériel de l'humanité, pense Henrietta Mann. Mais en même temps elle apporte un espoir: toute la ferraille que l'homme rejette à la mer, des anciennes plate-formes d'exploration pétrolière aux cargos pourris, ne deviendra pas une immense décharge pour l'éternité. Les bactéries mangeuses d'acier s'en chargeront.

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