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14/04/2012 04:49 EDT | Actualisé 14/06/2012 05:12 EDT

La Biélorussie libère un opposant politique après 16 mois de prison

MINSK, Bélarus - Un ancien candidat de l'opposition biélorusse emprisonné depuis l'élection présidentielle, il y a 16 mois, a été relâché, a annoncé sa femme samedi. Elle a ajouté que la libération inattendue pourrait représenter un moyen, pour le gouvernement autoritaire biélorusse, de faire diminuer la pression occidentale.

Andrei Sannikov a téléphoné samedi soir pour annoncer qu'il rentrait à la maison, a expliqué sa femme Irina Khalip à l'Associated Press.

Il n'y a pas eu de communiqué officiel sur la libération ou la raison de celle-ci, mais le président de longue date Alexander Lukashenko a suggéré plus tôt ce mois-ci que des pardons pour des prisonniers politiques étaient imminents.

Les États-Unis et l'Union européenne (UE) ont réclamé la libération des prisonniers politiques de cette ex-république soviétique répressive, et ont imposé des sanctions à des responsables biélorusses.

En février, le Bélarus a réagi aux nouvelles sanctions européennes en ordonnant le retour de son envoyé et de son ambassadeur polonais. Les pays membres de l'UE ont rétorqué en rappelant tous leurs ambassadeurs installés à Minsk.

M. Sannikov a été arrêté lorsque la police a dispersé une importante manifestation plusieurs heures après la fermeture des bureaux de vote, le 19 décembre 2010. Les protestataires en avaient contre des allégations de fraude électorale lors du scrutin. L'élection a permis à M. Lukashenko, au pouvoir depuis 1994, d'obtenir un nouveau mandat.

Celui-ci a réprimé les groupes d'opposition et les médias indépendants tout en conservant une économie quasi-soviétique où environ 80 pour cent de l'industrie est encore entre les mains de l'État.

Le pays a traversé une crise au cours de la dernière année, le rouble perdant les deux tiers de sa valeur. Plusieurs observateurs estiment que cette dévaluation, en plus des pressions occidentales, ont quelque peu coincé le président Lukashenko. Mme Khalip a dit voir la libération de son mari comme une tentative de réduire un peu cette pression.

«Pour M. Lukashenko, les prisonniers politiques sont une marchandise. Nous sommes présentement au coeur d'une situation où il a fait monter les prix pendant trop longtemps et a compris que l'Ouest ne négocierait pas», a-t-elle précisé.