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14/04/2012 09:59 EDT | Actualisé 14/06/2012 05:12 EDT

Irak: Maliki se défend face aux accusations de dictateur

Plusieurs formations politiques ont accusé Nouri al-Maliki d'être derrière l'arrestation du chef de la commission électorale (IHEC) et de vouloir imposer une nouvelle dictature en Irak, ce dont s'est défendu samedi le Premier ministre, au pouvoir depuis 2006.

Après les Kurdes et la coalition laïque d'Iraqiya d'Iyad Allawi, le leader radical chiite Moqtada Sadr a mis en cause M. Maliki dans l'arrestation du président de l'IHEC, Faraj al-Haïdari, interpellé jeudi avec son collègue Karim al-Tamimi, officiellement pour corruption.

"Celui qui a ordonné l'arrestation (de Haïdari) est précisément Nouri al-Maliki (...) et son emprisonnement sert ses intérêts car il oeuvre pour retarder ou même annuler les élections. Faites attention", a averti Moqtada Sadr dans un communiqué.

"L'arrestation de Haïdari doit se faire conformément à la loi et non sous l'abritraire de la dictature", a dit le leader chiite qui, avec 40 députés, est un élément essentiel de la coalition sur laquelle s'appuie M. Maliki.

Le chef de l'IHEC a été arrêté après une plainte déposée par Hanane al-Fatlawi, députée de la formation de l'Etat de droit, dirigée par M. Maliki.

Selon M. Haïdari, l'affaire concerne des employés de la commission auxquels a été versée, de manière tout à fait normale, une prime de 100.000 dinars (83 dollars) pour des heures supplémentaires. Mais le porte-parole du Conseil supérieur de la justice, Abdel Sattar Bayraqdar, a accusé les deux hommes de prévarication, un délit passible de 7 ans de prison.

Réagissant aux attaques de ses partenaires, M. Maliki a assuré devant des chefs tribaux à Bagdad que "l'Irak ne peut pas être gouverné par une personne, un dictateur, un tyran ou un parti".

Dans un communiqué publié par la suite, son bureau affirme que "le Premier ministre n'était pas au courant de l'arrestation quand elle s'est produite et toutes les accusations contre lui sont sans fondement". Il ajoute que "le non respect de l'indépendance des institutions conduit à la dictature".

M. Maliki s'appuie sur un gouvernement "d'unité nationale" où toutes les composantes sont représentées, mais ses partenaires lui reprochent d'exercer un pouvoir personnel.

Vendredi, la présidence de la région autonome du Kurdistan a estimé que les arrestations visaient "à remettre en cause l'indépendance de la commission électorale" et accusé "ceux qui contrôlent le gouvernement de vouloir détruire les bases sur lesquelles a été construit le nouvel Irak".

L'un des principaux députés d'Iraqiya, Haïdar al-Mullah, a lui aussi mis en cause M. Maliki. "Il veut faire passer le message que les élections doivent être truquées ou les autorités se vengeront contre la commission. C'est aussi une indication que la justice est devenue un instrument aux mains de Maliki".

A la tête de l'IHEC depuis 2007, M. Haïdari, un Kurde chiite de 64 ans, est la bête noire de la liste de l'Etat de droit car il avait refusé lors des législatives de 2010 le nouveau décompte des voix dans tout le pays que réclamait M. Maliki, alors Premier ministre sortant.

Peu après le départ des forces américaines d'Irak en décembre 2011, une crise politique a éclaté entre chiites et sunnites. Le bloc Iraqiya et les kurdes avaient alors dénoncé les méthodes de M. Maliki, un chiite, jugées autoritaires.

Le conflit avait été aggravé par l'émission au même moment d'un mandat d'arrêt à l'encontre du vice-président sunnite Tarek al-Hachémi, en fuite.

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