NOUVELLES
14/04/2012 11:42 EDT | Actualisé 14/06/2012 05:12 EDT

GP de Bahreïn de F1: "L'important, c'est de ne pas participer", selon RSF

Reporters Sans Frontières (RSF) a lancé une campagne et une pétition baptisées "l'important c'est de ne pas participer", en faveur du boycott du Grand Prix de Bahreïn de Formule 1, toujours prévu le dimanche 22 avril sur le circuit de Sakhir, près de Manama.

Selon l'organisation française qui milite pour la liberté de l'information, Bahreïn comptait en 2011 parmi les "10 lieux les plus dangereux au monde pour la presse", le Royaume du Golfe étant "le théâtre d'une répression sanglante qui vise notamment les journalistes, les photoreporters et les net-citoyens".

RSF "souhaite dénoncer l'incroyable politique de répression menée par le régime du roi Hamad Ben Aissa Al-Khalifad depuis le début des printemps arabes, et son oeuvre de propagande dont le point d'orgue devrait être la tenue d'un Grand Prix de Formule 1", le 22 avril 2012.

"Depuis le début des manifestations démocratiques, en février 2011, les correspondants étrangers sont interdits d'entrée sur le territoire. Les net-citoyens et les journalistes, en particulier les professionnels de l'image, sont systématiquement traqués quand ils se trouvent aux abords des rassemblements", explique RSF sur son site.

"Les violences sont innombrables, tout comme les emprisonnements, les procédures judiciaires intentées contre les professionnels de la presse et les condamnations prononcées. La Bahrain Press Association, basée à Londres, recense plus de 140 cas d'arrestations, tortures et licenciements de journalistes depuis février 2011", ajoute RSF.

"La torture en détention est pratique courante. Des campagnes de diffamation sont menées contre des militants des droits de l'homme. Deux net-citoyens et un patron de presse sont morts pour avoir défendu leur droit d'informer (...) Le contrôle des images sur la contestation est une question de survie pour le pouvoir", accuse RSF.

"Rien ne doit filtrer de la revendication populaire et de sa brutale répression. Rien ne doit alerter la communauté internationale. En parallèle, le régime, avec l'aide directe de plusieurs pays du Golfe et grâce à l'incroyable silence des pays occidentaux, soigne son image et multiplie les efforts à la fois diplomatiques et de communication pour présenter le Bahreïn comme un exemple de stabilité politique et de bien-être social", conclut RSF.

Vendredi, de nouveaux heurts se sont produits dans une banlieue chiite de Manama où un jeune de 15 ans a été grièvement blessé par les forces anti-émeutes qui intervenaient pour disperser une manifestation, selon l'opposition chiite.

La pétition, postée sur le site de Reporters Sans Frontières (www.rsf.org) et intitulée "la censure en pole position", avait déjà recueilli, dimanche matin, plus de 600 signatures.

dlo/gv