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14/04/2012 11:01 EDT | Actualisé 14/06/2012 05:12 EDT

Congo: une ONG dénonce l'"opacité" de l'enquête sur les explosions du 4 mars

L'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH) a dénoncé samedi la "grande opacité" dans laquelle se déroule l'enquête des autorités congolaises sur les explosions meurtrières d'un dépôt de munitions le 4 mars à Brazzaville.

L'enquête "se déroule dans une grande opacité: la liste de personnes arrêtées jusqu'à ce jour n'est pas connue. On ne nous dit pas le reproche qui leur est fait et on ignore même la place du procureur de la République dans la commission d'enquête", a dénoncé devant la presse Roch Euloge Nzobo, un dirigeant de l'OCDH.

"Les parents des personnes gardées à vue (à la direction générale de surveillance du territoire) se plaignent de ce qu'il leur est interdit tout droit de visite. Ce qui a pour résultat de faire courir les rumeurs les plus inquiétantes faisant état des cas de torture à l'encontre de ces personnes" a-t-il ajouté.

L'OCDH a également relevé la "durée prolongée" des garde à vue qui dépassent 72 heures, avant de réclamer une commission d'enquête internationale "indépendante" sur le drame.

Mise en place par le président congolais Denis Sassou Nguesso et dirigée par le ministre de la justice Me Aimée Emmanuel Yoka, la commission d'enquête a procédé l'interpellation d'officiers, sous-officiers et hommes de rang de l'armée, selon une source policière.

Parmi eux figure le colonel Marcel Ntsourou, secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité, détenu depuis le 30 mars avec neuf éléments de sa garde, selon l'OCDH.

"Le colonel Ntsourou n'est ni inculpé, ni prévenu, ni cité à comparaître. Lui et trois ou quatre autres officiers sont entendus pour des besoins d'enquête", a dit le ministre Yoka. "Les résultats seront publics. L'affaire est difficile faute de témoins directs", a-t-il assuré.

Les deux avocats du colonel ont été arrêtés pour avoir voulu tenir une conférence de presse au domicile de leur client dans un camp militaire pour parler de sa situation.

Les explosions dans un dépôt de munitions d'un régiment de blindés le 4 mars au quartier Mpila (est de Brazzaville) ont fait officiellement 282 morts, plus de 2.300 blessés et fait des milliers de sinistrés dont les habitations ont été détruites.

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