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13/04/2012 09:29 EDT | Actualisé 13/06/2012 05:12 EDT

Une cour américaine donne raison à une femme ayant voulu allaiter lors d'examens

BOSTON - Les mères qui allaitent doivent faire l'objet d'accommodations lorsqu'elles passent des examens pour obtenir des licences médicales, a jugé vendredi la plus haute cour de l'État américain du Massachusetts. La décision s'inscrit dans le contexte d'une poursuite intentée par une ancienne étudiante en médecine de l'Université Harvard pour obtenir plus de temps de pause pendant un examen, afin qu'elle puisse tirer du lait pour sa fille.

Dans sa décision en faveur de Sophie Currier, la Cour judiciaire suprême dit reconnaître qu'il existe encore des barrières qui empêchent les nouvelles mères de pouvoir allaiter.

Mme Currier a poursuivi le National Board of Medical Examiners (NBME) en 2007 après que le conseil eut indiqué qu'elle ne pourrait disposer que de la pause normale de 45 minutes au cours de l'examen de neuf heures. Le conseil a ajouté qu'il devait appliquer les mêmes règles à tous ceux qui passent l'examen.

Selon un résumé de la décision de la cour, le conseil a expliqué à la jeune mère qu'elle pouvait faire apporter des changements à l'horaire de l'examen en vertu du American with Disabilities Act, puisqu'elle avait reçu un diagnostic de déficit d'attention et d'hyperactivité. Le conseil a accepté la demande de Mme Currier pour disposer d'une journée supplémentaire pour compléter l'examen, ainsi que d'une salle de test séparée.

Mme Currier aurait également demandé plus de temps de pause pour allaiter sa jeune fille alors âgée d'un peu plus de quatre mois, affirmant qu'elle avait besoin de plus de 45 minutes pour allaiter correctement. Le NBME a refusé cette requête, stipulant que l'allaitement n'était pas couvert en vertu de la loi sur les handicaps.

La Cour d'appel de l'État a octroyé une injonction obligeant le NBME a offrir à Mme Currier 60 minutes de pause supplémentaires par journée de test, en plus d'une salle privée pour qu'elle puisse tirer son lait.

Le NBME a contesté la décision en Cour judiciaire suprême et Mme Currier a décidé de poursuivre son combat juridique même s'il n'était plus nécessaire dans son cas. Selon son avocate Marisa Pizzi, la jeune mère estimait défendre des droits importants pour les autres femmes.

La Cour judiciaire suprême a jugé qu'en refusant d'offrir plus de temps de pause, le conseil n'avait pas violé les droits de la personne de Mme Currier. La cour a toutefois estimé que la jeune mère avait démontré que des accommodements spéciaux devraient être accordés aux mères qui allaitent lors de prochains examens pour obtenir une licence médicale.