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13/04/2012 01:53 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Un "bus de la paix" fait le tour du Liban pour les 37 ans de la Guerre civile

Un "bus de la paix" entame vendredi un tour du Liban pour "réconcilier les Libanais avec leur mémoire" et "renforcer la paix civile", à l'occasion du 37ème anniversaire de la guerre civile qui a ravagé le pays de 1975 à 1990, ont annoncé à l'AFP les organisateurs.

Ce "bus de la paix", qui transporte archives, livres et films sur ce conflit qui a fait plus de 150.000 morts et des milliers de disparus, a été choisi pour remplacer symboliquement le bus de Aïn el-Remmaneh, icône de la guerre civile au Liban, selon les organisateurs.

Une vingtaine de Palestiniens avaient été tués dans ce bus le 13 avril 1975, une attaque qui avait marqué le début de 15 années de guerre civile. Il est désormais exposé en l'état, rouillé, les vitres brisées et les traces de balles encore visibles.

"La réconciliation entre Libanais ne peut se faire qu'à condition d'aborder la question de la mémoire collective", a expliqué à l'AFP Johanna Nassar, responsable du projet au sein du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Le Centre de recherche Umam a acquis le bus de Aïn el-Remmaneh et avec le financement de l'Union européenne, s'est doté du nouveau "bus de la paix", qui va partir de Beyrouth, depuis la zone où se situait l'ancienne ligne de démarcation, au pied d'un immeuble qui porte encore les stigmates des tirs, selon Mme Nassar.

Mohammed Meqdad, grièvement blessé à la main pendant la guerre alors qu'il était âgé de neuf ans, voit dans ce bus "un moyen efficace d'oublier les souvenirs enfouis de la guerre et d'apaiser les craintes".

Sonia Nakad le considère comme "un moyen pour les jeunes d'en savoir plus sur la guerre et de comprendre qu'elle peut facilement éclater quand le terrain y est propice afin d'éviter d'être, à leur tour, des outils de guerre".

"En 1975, les Libanais ont précipité leur pays dans l'abîme et ont payé un lourd tribut. Ce bus va contribuer à la sensibilisation pour éviter de reproduire les erreurs du passé", a estimé Henry Adam, à la sortie du nouveau bus.

Après Beyrouth, le "bus de la paix" se rendra dans différentes régions jusqu'à fin 2012, à la rencontre notamment des élèves afin de leur faire découvrir les archives sur la guerre.

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