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13/04/2012 12:43 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Syrie: premiers combats entre soldats et déserteurs depuis le cessez-le-feu (ONG)

Des combats ont brièvement opposé vendredi matin soldats et déserteurs dans la région d'Idleb (nord-ouest), les premiers depuis l'entrée en vigueur il y a un peu plus de 24 heures du cessez-le-feu en Syrie, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Ces combats, qui ont duré plusieurs minutes, ont pris fin sans faire de victime, a précisé l'ONG basée en Grande-Bretagne dans un communiqué.

"Des combats à la mitrailleuse lourde se déroulent à Khirbet al-Joz, située à la frontière turque, entre soldats du régime et déserteurs", avait auparavant affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, précisant qu'il s'agissait des premiers affrontements directs entre soldats et déserteurs depuis le début du cessez-le-feu.

Des chars et des véhicules de transport de troupes blindés de l'armée s'étaient déployés dans cette région auparavant, a précisé M. Abdel Rahmane, soulignant que les soldats avaient lancé l'assaut et que les déserteurs avaient répondu.

Une trêve précaire est entrée en vigueur jeudi à 03H00 GMT, conformément au plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan, mais pouvoir et opposition armée ont déjà signalé des violations.

Les forces gouvernementales syriennes ne se sont pas retirées des agglomérations comme le prévoyait le plan, a affirmé l'OSDH, citant des militants dans différentes régions.

L'agence officielle Sana a annoncé l'assassinat d'un officier dans la nuit de jeudi à vendredi à Jaramana, dans la banlieue de Damas, perpétré par des "terroristes" -- terme utilisé par les autorités pour désigner les rebelles.

"Des terroristes ont sonné à la porte de l'officier qui a ouvert et a été aussitôt criblé de balles", a précisé Sana.

L'OSDH a recensé 10 morts jeudi, dont sept civils, un officier tué dans une explosion à Alep (nord) et deux soldats qui tentaient de disperser un rassemblement dans la province de Hama (centre) tués par des déserteurs qui assuraient la protection de manifestants.

Ce bilan marque une nette rupture avec ces derniers mois, au cours desquels l'OSDH faisait état chaque jour de dizaines de morts.

Depuis mars 2011, le régime du président Bachar al-Assad réprime dans le sang une révolte populaire sans précédent qui s'est militarisée au fil des mois. Ces violences ont fait plus de 10.000 morts, selon l'OSDH, et poussé des dizaines de milliers de Syriens à fuir, en particulier vers les pays voisins.

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