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13/04/2012 04:44 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Syrie: le cessez-le-feu semble tenir mais au moins cinq civils ont été tués

BEYROUTH - Le cessez-le-feu entré en vigueur jeudi en Syrie a été «relativement respecté» vendredi, a déclaré le porte-parole de Kofi Annan, émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie.

Mais l'opposition a rapporté des heurts entre les forces du régime et les insurgés de l'Armée syrienne libre (ALS), ainsi que de violences contre des manifestants qui ont fait au moins cinq morts.

Si le cessez-le-feu semble tenir, le régime syrien n'a toujours pas retiré ses troupes et armes lourdes des zones peuplées, comme le prévoit le plan de sortie de crise de Kofi Annan, a déclaré son porte-parole, Ahmad Fawzi.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, va demander au Conseil de sécurité d'approuver le déploiement le plus rapidement possible d'une mission d'observation prévue par le plan.

Cette mission devrait compter 250 hommes, a précisé Ahmad Fawzi. «Nous avons une avant-garde prête à partir sur le terrain dès que possible» afin de préparer la mission qui sera menée «si le cessez-le-feu tient et se transforme véritablement en arrêt des hostilités», a-t-il expliqué.

Des accrochages entre soldats syriens et insurgés ont toutefois eu lieu près du village de Khirbet el-Joz, dans le nord-ouest de la Syrie, près de la frontière turque, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDL), qui dispose d'un réseau de militants dans tout le pays. Les Comités locaux de coordination, un autre mouvement de militants syriens, ont fait état de «tirs très nourris».

Les combats ont duré environ une demi-heure, selon le directeur de l'OSDL, Rami Abdul-Rahman, qui n'a pas fait état de victimes. Les opposants n'ont cependant pas rapporté de bombardements intenses, de tirs de roquettes et d'obus de mortier comme avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, jeudi à l'aube.

Le gouvernement syrien avait fait savoir à l'avance mercredi qu'il se réservait le droit de répondre à toute agression.

Le Conseil national syrien (CNS), l'un des principaux groupes de l'opposition, avait appelé la population à manifester pacifiquement après la grande prière du vendredi. D'après Maath al-Shami, un militant de Damas, des agents en civil des services de sécurité étaient déployés «partout» dans la capitale vendredi, «ce qui a limité l'ampleur des manifestations».

D'après les estimations de l'OSDL, plusieurs dizaines de milliers de manifestants réclamant le départ du président Bachar el-Assad ont manifesté dans toute la Syrie. Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants à Hama (centre) et à Nawa (sud), faisant au moins cinq morts, selon l'OSDL. Les Comités locaux de coordination rapportent un bilan d'au moins 11 morts.

À Damas, les forces de sécurité et des miliciens du régime ont molesté des manifestants dans une mosquée. À Alep, dans le nord, des gaz lacrymogènes ont été tirés contre des manifestants rassemblés devant la grande mosquée, selon les Comités locaux de coordination.