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13/04/2012 03:29 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Syrie: Erdogan à Ryad pour coordonner ses positions avec l'Arabie saoudite

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, très critiques du régime de Damas, se sont concertés vendredi sur la conjoncture régionale, marquée par la crise syrienne.

Selon l'agence officielle Spa, le souverain a évoqué avec M. Erdogan, qui effectuait une brève visite à Ryad, "la conjoncture régionale et internationale" et les perspectives de coopération bilatérale.

Les deux hommes devaient coordonner leurs positions sur la Syrie au lendemain de l'entrée en vigueur d'un fragile cessez-le-feu, a indiqué à l'AFP l'ambassadeur de Turquie dans le royaume, Ahmet Muhtar Gün.

"Les grands dossiers régionaux, en tête desquels le dossier syrien, sont au menu des discussions" de M. Erdogan, arrivé jeudi soir à Ryad, a-t-il dit.

"La Turquie accorde une grande importance à la coordination avec l'Arabie saoudite, son partenaire le plus privilégié dans la région", a-t-il ajouté.

Le régime de Bachar al-Assad et l'opposition ont accepté de respecter à compter de jeudi un cessez-le-feu, conformément à un plan de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan. Mais pouvoir et opposition ont signalé des violations, qui ont fait au moins 15 morts depuis jeudi matin selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La Turquie, un grand pays sunnite tout comme l'Arabie saoudite, est plutôt sceptique à propos du respect par Damas de la trêve dans les violences, qui ont fait plus de 10.000 morts en un an, selon l'OSDH.

M. Erdogan a estimé jeudi, après une visite en Chine, un allié du régime syrien, que Damas ne respectait pas le cessez-le-feu et a appelé le président Bachar al-Assad à retirer ses chars des villes syriennes.

Pour sa part, l'Arabie saoudite, poids lourd du monde arabe, s'est montrée très irritée par la brutale répression de la contestation en Syrie, fermant en mars son ambassade à Damas après avoir rappelé son ambassadeur en août, une mesure imitée par les cinq autres monarchies du Golfe.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal, avait estimé le 4 mars que l'opposition syrienne avait le "droit" de s'armer "pour se défendre", une position défendue aussi par le Qatar, qui accueille le 18 avril une réunion du comité ministériel de la Ligue arabe sur la Syrie.

Un journal saoudien a résumé le scepticisme de Ryad: "Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se préparer à un échec du plan (Annan)" car "le pouvoir ne semble pas être prêt (...) à reconnaître le droit du peuple syrien à choisir son régime", écrit le quotidien Okaz, qui reflète un point de vue proche des autorités.

Outre l'examen de l'aide humanitaire à apporter aux réfugiés syriens en Turquie, le roi Abdallah et M. Erdogan doivent examiner "les alternatives à un échec du plan de Kofi Annan", a indiqué à l'AFP le président du Gulf Research Center, le Saoudien Abdel Aziz al-Saqr.

Parmi ces options, il a cité "une aide à apporter à l'opposition syrienne pour qu'elle puisse se défendre, y compris la possibilité de lui fournir des armes", mais aussi "l'impact d'une violation par les forces armées syriennes de la frontière avec la Turquie".

La Turquie, qui accueille près de 25.000 réfugiés syriens, a haussé le ton contre Damas lorsque des tirs en provenance de Syrie ont blessé quatre Syriens et deux Turcs en territoire turc.

Réagissant à ces tirs, l'Otan, l'Alliance atlantique à laquelle appartient la Turquie, a affirmé jeudi qu'elle prenait "très au sérieux" la protection de ses Etats membres.

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