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13/04/2012 08:51 EDT | Actualisé 13/06/2012 05:12 EDT

Syrie: cinq civils tués, manifestations anti-régime (ONG)

Cinq civils ont été abattus par les forces de sécurité vendredi en Syrie, où des dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre le régime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Quatre manifestants ont été tués par des tirs des forces de sécurité sur des manifestants à Hama (centre), à Nawa dans la province de Deraa (sud) et à Salqine dans la province d'Idleb (nord-ouest), a précisé l'organisation basée en Grande-Bretagne.

Un cinquième civil a été tué par une balle perdue tirée par les forces de sécurité à Daraya, une banlieue de Damas, a ajouté l'ONG dans un communiqué. A Alep (nord), deuxième ville de Syrie, un jeune homme a été grièvement blessé par des tirs sur des manifestants dont 17 ont été arrêtés.

De son côté, l'agence officielle Sana a fait état de quatre morts tués par des "groupes terroristes", terme utilisé par les autorités pour désigner les rebelles. "Un civil a été abattu lors d'un rassemblement à Salqine" et un autre à Hama, alors qu'un officier et un agent de sécurité ont été tués à Hama et Alep.

Selon le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, "des dizaines de milliers de personnes manifestent dans plusieurs régions" du pays, notamment dans les provinces de Hama, de Damas, d'Idleb, de Deraa, de Homs (centre), d'Alep, de Deir Ezzor (est) et dans les régions kurdes du nord-est.

Jeudi, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, avait appelé à des manifestations massives. Le ministère de l'Intérieur avait dans la foulée réaffirmé que toute personne souhaitant manifester devait en demander l'autorisation officielle au préalable.

"Le vrai test sera s'il y a des tirs ou non quand la population va manifester", a affirmé Bassma Kodmani, porte-parole du CNS.

"Vous qui hésitez, sortez de votre silence ou taisez-vous à jamais", avaient appelé des militants dans une vidéo sur la page Facebook Sham News Network.

Le cessez-le-feu entré en vigueur jeudi à 03H00 GMT, conformément à un plan de l'émissaire international Kofi Annan, prévoit, outre la cessation des hostilités, le retrait de l'armée des villes et le "droit de manifester pacifiquement" notamment.

La trêve est précaire, le pouvoir et l'opposition armée ont déjà signalé des violations et des combats.

L'OSDH a recensé 10 morts jeudi, dont sept civils, un bilan qui marque une nette rupture avec ces derniers mois, au cours desquels l'OSDH faisait état chaque jour de dizaines de morts.

Depuis mars 2011, le régime du président Bachar al-Assad réprime dans le sang une révolte populaire qui s'est militarisée au fil des mois. Ces violences ont fait plus de 10.000 morts, selon l'OSDH, et poussé des dizaines de milliers de Syriens à fuir, en particulier vers les pays voisins.

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