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13/04/2012 06:30 EDT | Actualisé 13/06/2012 05:12 EDT

Le Canada consent à accorder le statut de résidente permanente à Paola Ortiz

SRC

MONTRÉAL - Paola Ortiz est de retour au pays. Cette femme d'origine mexicaine qui avait été déportée par les autorités canadiennes le 23 septembre 2011 est arrivée à l'aéroport Montréal-Trudeau vendredi matin.

«Je suis résidente permanente maintenant. Je suis libérée, je peux vivre ma vie tranquillement. C'est une victoire pour moi et pour tous ceux qui m'ont aidée», a-t-elle déclaré avec émotion à sa sortie de l'avion.

Le gouvernement canadien a finalement consenti à lui accorder son statut de résidente permanente il y a à peine 48 heures.

Rappelons que Mme Ortiz avait fait une demande d'asile à son arrivée au Canada en 2006 pour fuir son ex-conjoint violent, un policier mexicain. Cette demande avait été rejetée sous prétexte que l'État mexicain assurait une protection adéquate aux femmes victimes de violence conjugale.

Elle était ensuite revenue à la charge avec une demande pour obtenir le statut de résidente permanente. Au moment de son expulsion il y a sept mois, Québec avait accepté cette dernière demande tandis qu'elle était encore en traitement par le gouvernement fédéral.

Paola Ortiz avait ainsi dû laisser derrière elle sa famille, ses deux enfants, ses amis et son travail.

Pendant ces sept mois d'exil, elle est demeurée chez des amis à Mexico. La Mexicaine d'origine a vécu en quasi-clandestinité de peur que son ex-conjoint la retrouve et lui fasse subir les mêmes sévices qu'il y a six ans.

«C'était désespérant, je restais à l'intérieur de la maison parce que j'avais peur. C'était terrible», a-t-elle expliqué en ajoutant qu'elle n'avait pas été prise en charge par des organismes comme l'avait évoqué le gouvernement fédéral à son départ.

L'émotion était donc au rendez-vous vendredi matin lorsqu'elle a retrouvé ses deux enfants de trois et cinq ans. Elle ne les avait vus que par la plateforme de communication en ligne Skype.

La jeune mère a promis de rattraper tout le temps perdu. Son plan de la journée était d'ailleurs bien établi.

«Je vais aller à l'Oratoire Saint-Joseph pour remercier Dieu et après j'irai au parc avec mes enfants», a-t-elle dit.

Cette histoire derrière elle, Mme Ortiz regarde maintenant vers l'avenir. Elle a appris qu'elle pourra reprendre l'emploi qu'elle occupait dans un restaurant et elle compte aussi poursuivre ses études en architecture qu'elle a été forcée d'abandonner en septembre.