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13/04/2012 11:52 EDT | Actualisé 13/06/2012 05:12 EDT

L'ONU "déplore" le tir d'une fusée nord-coréenne mais ne va pas plus loin

Les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont "déploré" vendredi le lancement d'une fusée par la Corée du Nord, sans évoquer d'éventuelles sanctions, une solution rejetée par plusieurs pays dont la Russie.

Dans une déclaration lue par l'ambassadrice américaine Susan Rice, le Conseil rappelle toutefois que ce lancement manqué intervient "en violation de résolutions du Conseil de sécurité" qui interdisent à Pyongyang toute activité nucléaire et balistique.

La résolution 1874 du Conseil de sécurité adoptée en 2009, après le dernier essai nucléaire mené par Pyongyang, interdit entre autres à la Corée du Nord de procéder à des essais nucléaires ou balistiques.

Le Conseil va "poursuivre ses consultations sur une réponse appropriée (..) en raison de l'urgence" de la situation, a ajouté Mme Rice, dont le pays préside le Conseil en avril.

Cette prise de position est très en-deçà des réactions de nombreux pays, dont ceux du G8 qui avaient condamné l'initiative de Pyongyang avec des termes nettement plus fermes, plusieurs évoquant même une "provocation", à l'instar des Etats-Unis, de la Corée du Sud ou du Japon.

Mme Rice a refusé de préciser la forme que pourrait prendre la "réponse appropriée" du Conseil ni quand elle pourrait intervenir. Il est "important que le Conseil adopte une réponse crédible", a-t-elle déclaré à la presse.

L'ambassadeur français à l'ONU Gérard Araud avait estimé juste avant la réunion que ce lancement était "une violation évidente des résolutions du Conseil de sécurité" qui devait "réagir". Son homologue allemand Peter Wittig avait lui aussi invité le Conseil à "réagir immédiatement, de manière crédible et sans équivoque".

Mais la Russie avait de son côté d'emblée exclu des sanctions, son ministre des affaires étrangères Serguei Lavrov plaidant pour une réaction "équilibrée". Et la Chine --proche allié de la Corée du Nord et son principal partenaire commercial-- et l'Inde, autre membre du Conseil, s'étaient pour leur part contentés d'appeler au calme.

"En dépit de son échec, le lancement du prétendu satellite" par la Corée du Nord "est déplorable car il défie la position ferme et unanime de la communauté internationale", avait auparavant estimé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans une déclaration écrite.

Estimant que ce lancement "menaçait" la stabilité régionale, il avait exhorté la Corée du Nord à ne pas entreprendre "toutes autres actions provocatrices qui accroissent la tension".

Les Etats-Unis et leurs alliés sud-coréens et japonais ont annoncé que la fusée s'était désintégrée en vol peu après son décollage du Centre spatial de Tongchang-ri (nord-ouest), situé à une cinquantaine de kilomètres de la frontière chinoise.

Il s'agit de la troisième tentative ratée de mise en orbite d'un satellite par la Corée du Nord, après deux échecs en 1998 et 2009.

L'ONU a imposé des sanctions à la Corée du Nord après deux essais nucléaires en 2006 et 2009. Il lui est interdit de commercialiser tout matériel nucléaire et balistique et de procéder à des essais nucléaires ou balistiques.

avz/mdm