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13/04/2012 07:54 EDT | Actualisé 13/06/2012 05:12 EDT

Les shebab cherchent à ouvrir un nouveau front dans le nord somalien

Les islamistes shebab, mouvement intégré à Al-Qaïda qui a juré la perte des autorités de transition en Somalie, cherchent à ouvrir un nouveau front au Puntland, région auto-proclamée autonome du nord-est somalien, face à la pression croissante qu'ils subissent plus au sud.

Un leader de leur aile dure, Cheikh Abdulkadir Mumin, a quitté la région d'Afgoye, tenue par les insurgés à l'extérieur de Mogadiscio, pour rejoindre le nord.

"La population du Puntland doit rejoindre le combat comme la population du sud de la Somalie pour défendre la volonté de Dieu," a lancé le chef rebelle dans une déclaration diffusée vendredi sur radio Andalus, pro-shebab. Cheikh Abdulkadir Mumin a pris la direction du nord "en compagnie d'un grand nombre de jeunes combattants originaires du Puntland," selon la radio.

"Hommes et femmes, commerçants et intellectuels doivent prendre les armes," a ajouté le leader, qui serait désormais basé dans les Golis, chaîne de montagnes difficile d'accès et criblée de grottes qui, craignent des responsables somaliens, pourrait servir de parfait repaire aux shebab.

Les Golis jouent un rôle de frontière naturelle entre le Puntland et le Somaliland, autre région somalienne, dans le nord-ouest, auto-proclamée indépendante il y a 20 ans. Elles abritent déjà Mohamed Said Atom, chef de guerre et trafiquant d'armes allié aux shebab dans une lutte contre les autorités du Puntland.

"La guerre commence dans toutes les parties du Puntland (...) vous devez acheter vos armes et vous battre -- dans le sud, même les personnes âgées et les filles participent à la lutte," a ajouté Cheikh Abdulkadir Mumin.

Sous la pression de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) et des forces gouvernementales qu'elle soutient, les shebab ont abandonné leurs bastions à Mogadiscio en août dernier. Depuis, l'Amisom assoit peu à peu son contrôle en périphérie de la capitale.

Dans le reste du sud et du centre somaliens, les shebab font face à la pression des troupes éthiopiennes et kéynanes, entrées dans le pays fin 2011.

Malgré ces récents revers militaires, les insurgés restent, jugent des analystes, un obstacle majeur au rétablissement d'un Etat stable en Somalie, déchirée par une guerre civile depuis 1991.

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