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13/04/2012 04:38 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Le Mali a un président et attend maintenant son Premier ministre

Les consultations se poursuivaient vendredi en vue de la nomination d'un Premier ministre et de son gouvernement au Mali, au lendemain de l'investiture du président Dioncounda Traoré, qui a promis la "guerre" aux groupes armés occupant le Nord, s'ils refusent de se retirer.

Dans le même temps, quelque 200 prisonniers aux mains des forces du Nord, essentiellement des soldats maliens, étaient en train d'être regroupés pour être rapatriés à Bamako, a indiqué à l'AFP un responsable du Haut conseil islamique qui a participé aux négociations pour leur libération.

Dioncounda Traoré a été investi président de transition en vertu d'un accord entre la junte militaire qui avait renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré (ATT) et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), prévoyant le retour du pouvoir aux civils.

L'accord stipule que le futur Premier ministre disposera "des pleins pouvoirs" avec un gouvernement "d'union nationale", qui devrait compter une vingtaine de membres.

Sa tâche prioritaire sera de tenter d'ouvrir un dialogue avec les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et Ansar Dine, mouvement islamiste appuyé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui occupent les trois régions du Nord - Gao, Kidal et Tombouctou - depuis fin mars.

Faute de dialogue fructueux, M. Traoré, président d'un pays à l'armée démoralisée et sous-équipée qui n'a pas pu résister à l'avancée foudroyante des mouvements armés dans le Nord, leur a promis "une guerre totale et implacable", après avoir rendu "confiance" aux soldats et avec le soutien de ses voisins africains et de la communauté internationale en général.

Mais la désignation d'un Premier ministre de consensus s'avère difficile, tant les divisions et les ambitions sont grandes au sein du monde politique malien.

"Si tous oublient leur ego, si tous oublient leurs appétits, leurs ambitions, leurs calculs et leurs supputations du moment, alors ils seront sans aucun doute ce fil dont l'aiguille a besoin pour coudre", a déclaré Dioncounda Traoré, ex-président de l'Assemblée nationale, dans son discours d'investiture.

Il faudra compter aussi avec les membres de l'éphémère junte dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo, qui ont joué le jeu du retour à l'ordre constitutionnel. Une amnistie leur a été offerte mais ils n'entendent pas se laisser marginaliser.

La médiation burkinabè mandatée par la Cédéao, qui a réussi à arracher l'accord de sortie de crise, va continuer à jouer un rôle primordial.

Le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, recevra samedi à Ouagadougou les leaders politiques maliens et des représentants de l'ex-junte. Ils doivent arriver vendredi soir, mais "les discussions proprement dit vont s'ouvrir samedi matin", selon un haut responsable burkinabé.

"Il sera question de la durée de la transition" et "de la composition du gouvernement", selon une autre source au ministère burkinabè des Affaires étrangères en précisant que la rencontre abordera également le "rôle de l'ex-junte et son entrée dans le prochain gouvernement".

La situation dans le nord du Mali, où les groupes islamistes ont pris l'ascendant sur la rébellion touareg du MNLA, et où les populations sont victimes d'exactions et de pénuries, inquiète la communauté internationale.

"Il faut tout faire pour éviter la constitution d'un Etat terroriste ou islamique au coeur du Sahel", a déclaré le président français Nicolas Sarkozy à la chaîne I-Télé.

"Je ne pense pas que ce soit à la France" d'intervenir militairement, a-t-il ajouté, soulignant cependant que son pays, ancienne puissance coloniale, pouvait "aider" une telle opération, dont la Cédéao brandit la menace.

La mouvance Aqmi, très active depuis plusieurs années dans le nord du Mali où elle dispose de bases d'où elle opère dans plusieurs pays du Sahel, retient six Français en otages dans cette région.

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