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13/04/2012 11:59 EDT | Actualisé 13/06/2012 05:12 EDT

Italie: polémique autour d'un projet de bouées publicitaires à Capri

Un projet de bouées publicitaires à l'entrée de la Grotte Bleue de Capri, censées freiner les vagues qui empêchent souvent les touristes de la visiter, a provoqué une polémique ces derniers jours en Italie.

Tout est parti d'une idée du maire de Capri, Ciro Lembo, qui se partage le territoire de cette superbe île de la baie de Naples avec la commune d'Anacapri, où se trouve la "Grotta Azzurra". Dans ce site naturel, la mer d'un bleu intense est éclairée du dessous par une fenêtre sous-marine.

"Il s'agit d'installer des bouées flottantes à 50 mètres de l'entrée de la grotte, pour mettre en sécurité les visiteurs, car lorsqu'il y a des vagues le site n'est pas accessible. Ces bouées sont déjà utilisées à Venise, elles mesurent 1,5 m dont 40 cm sortent de l'eau", explique-t-il à l'AFP.

Ce dispositif coûterait 50.000 euros. "Cette dépense serait prise en charge par les deux communes de Capri et Anacapri, ainsi que les bateliers réunis en coopérative et la surintendance (autorité municipale) aux Biens Culturels, sauf si nous mettons des publicités sur les bouées, ce qui nous permettrait même de gagner de l'argent", précise-t-il.

La section locale de l'organisation environnementale Legambiente a aussitôt dénoncé le projet et ses "nuisances esthétiques". "Le paysage peut être dénaturé y compris par de petites modifications", estime Nabil Pulita, secrétaire de Legambiente Capri.

La surintendance, également chargée de la sauvegarde du paysage, s'oppose à ce projet pour la même raison.

"La Grotte Bleue fait partie des sites naturels ayant un intérêt exceptionnel et, selon le Plan paysager territorial, on ne peut y faire aucune intervention", a indiqué à l'AFP Rosalia D'Apice, responsable de la tutelle de l'île à la Surintendance.

Outre le critère esthétique, il y a aussi un "problème éthique", d'après Nabil Pulita: "selon nous, il n'est pas possible d'attribuer une valeur commerciale à un site naturel par la publicité".

Un doute partagé par le maire d'Anacapri, Francesco Cerrotta : "Je suis d'accord pour la barrière flottante mais la publicité me laisse perplexe, il faut vraiment que j'y réfléchisse".

Pour Ciro Lembo, la priorité est d'obtenir l'autorisation de construire la barrière, "car c'est dans l'intérêt de tout le monde d'en avoir".

Legambiente n'est pas du tout d'accord. "Ce sont les bateaux à moteur qui génèrent des vagues dans la Grotte Bleue, il suffirait de faire respecter la loi pour que le problème soit résolu", assure Nabil Pulita.

La circulation des barques et autres hors-bord est théoriquement interdite à moins de 200 mètres d'un pic rocheux et à moins de 300 mètres des plages.

Mais pour les deux maires, "même si la règle était respectée, il y aurait toujours des vagues".

Résidence d'été pour les empereurs romains, Capri est connue notamment pour ses trois très hauts pics rocheux, les Faraglioni, ainsi que pour sa Piazzetta (petite place), remplie de terrasses de cafés.

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