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13/04/2012 12:52 EDT | Actualisé 13/06/2012 05:12 EDT

Fusée: Washington demande à Pékin de communiquer ses inquiétudes à Pyongyang

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a demandé vendredi à son homologue chinois de communiquer à son allié nord-coréen les inquiétudes des Etats-Unis après le tir raté d'une fusée longue portée par Pyongyang.

Mme Clinton, qui était en route pour un sommet en Colombie, a parlé par téléphone au ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, lui indiquant être à la recherche "d'un moyen unifié de dénoncer tout haut" ce tir considéré par les Etats-Unis et plusieurs autres nations comme un essai déguisé de missile balistique, selon un porte-parole du département d'Etat américain Mark Toner.

"Nous leur demandons (aux Chinois) de faire usage de leurs relations avec la Corée du Nord pour porter nos inquiétudes" auprès de Pyongyang, a-t-il poursuivi.

La Chine est connue pour avoir de l'influence sur son allié nord-coréen et les Etats-Unis ont à plusieurs reprises pressé Pékin de contenir son voisin isolé et lourdement militarisé.

La Chine est restée muette vendredi pendant plus de six heures après le lancement de la fusée par Pyongyang, trahissant ainsi son embarras. Pékin a ensuite appelé au "calme" et à la "retenue", affirmant avoir "pris note des réactions des parties concernées", a déclaré le porte-parole de la diplomatie chinoise Liu Weimin.

La Corée du Nord avait accepté le 29 février la mise en place d'un moratoire sur les lancements de missiles à longues portée, les essais nucléaires et les activités d'enrichissement d'uranium. En échange, les Etats-Unis s'étaient engagés à livrer une aide alimentaire.

A bord de l'avion présidentiel Air Force One qui emmenait M. Obama au sommet des Amériques à Carthagène en Colombie vendredi, Ben Rhodes, un conseiller du président américain, a défendu la politique de Washington.

Il a relevé que George W. Bush, le prédécesseur de M. Obama, avait retiré la Corée du Nord de la liste des Etats soutenant le terrorisme afin de rechercher une avancée diplomatique dans le cadre de son second mandat à la tête du pays.

M. Rhodes a ajouté que la Maison Blanche avait mis en place "des sanctions sans précédent contre la Corée du Nord", faisant référence aux actions des Etats-Unis et des Nations unies à la suite des essais nucléaires de Pyongyang de 2009.

En pleine année électorale, plusieurs adversaires républicains de M. Obama ont profité de l'occasion de ce tir nord-coréen pour fustiger la politique du président démocrate, qui brigue un deuxième mandat.

Le très probable candidat à l'investiture républicaine Mitt Romney a martelé jeudi "qu'au lieu d'approcher Pyongyang avec une position de force, le président Obama a cherché à apaiser le régime avec un accord sur l'aide alimentaire qui s'est avéré aussi naïf que de courte durée".

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