NOUVELLES
13/04/2012 06:55 EDT | Actualisé 13/06/2012 05:12 EDT

Bahreïn: Amnesty appelle à la libération des prisonniers politiques

Amnesty International a appelé vendredi Bahreïn à libérer immédiatement les prisonniers politiques, dont l'activiste Abdel Hadi al-Khawaja, en grève de la faim depuis plus de deux mois.

Dans un rapport préliminaire sur la répression de la contestation à Bahreïn, l'organisation de défense des droits de l'Homme déplore que "rien n'a changé dans ce pays depuis la brutale répression des protestations hostiles au gouvernement en février-mars 2011", amorcées dans la foulée du Printemps arabe.

Elle invite le gouvernement à faire preuve d'"une réelle volonté politique pour des réformes", revendiquées par les chiites, majoritaires dans ce royaume dirigé par une dynastie sunnite.

Elle réclame la libération "immédiate et sans condition de tous les prisonniers jugés et condamnés (...) uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression et de réunion, y compris 14 dirigeants de l'opposition", dont sept ont été condamnés à la perpétuité.

Parmi ces sept derniers, figure M. Khawaja qui "serait en danger en mort après avoir observé (depuis plus de deux mois) une grève de la faim pour contester son incarcération", indique l'organisation.

Amnesty déplore que malgré un rapport rendu en novembre par une commission d'enquête indépendante qui a dénoncé "un recours excessif à la force" contre les protestataires, "il n'y a pas eu beaucoup de changement" à Bahreïn où le bilan de la répression des manifestations s'est aggravé à "au moins 60 morts".

La répression, en mars 2011, avait fait 35 morts, dont 5 membres des forces de sécurité et 5 détenus torturés à mort, selon la commission d'enquête indépendante.

Les autorités de Manama cherchent à présenter Bahreïn comme "un pays stable et sûr" à l'approche du Grand Prix de Formule 1, prévu le 22 avril près de Manama, malgré la poursuite des protestations, réprimées par la police anti-émeutes.

La police continue à recourir à "la force excessive et inutile, notamment du gaz lacrymogène qui a entraîné la mort de plusieurs manifestants ces derniers mois", écrit Amnesty International, affirmant avoir reçu de récents "rapports sur la torture et d'autres mauvais traitements" dans ce pays.

bur/tm/cnp