NOUVELLES
13/04/2012 04:02 EDT | Actualisé 13/06/2012 05:12 EDT

Anciens combattants: les provinces risquent de ramasser la facture, dit le NPD

HALIFAX - Les provinces risquent de perdre des millions de dollars en subventions fédérales versées pour le soutien aux vétérans si Ottawa ne révise pas une politique pour s'assurer que les anciens combattants qui ont porté les armes après la Guerre de Corée soient pris en charge, a estimé vendredi le Nouveau Parti démocratique.

Le porte-parole du NPD en matière d'anciens combattants, Peter Stoffer, a déclaré qu'en raison de la façon dont les Règlements sur les soins de santé pour anciens combattants sont administrés présentement, les provinces hériteront des coûts des soins de longue durée pour les vétérans lorsque tous les anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale et de la Guerre de Corée seront morts.

Lors d'une conférence de presse vendredi à Halifax, M. Stoffer a demandé à Ottawa de modifier ces règlements afin qu'ils s'appliquent aux soins de longue durée pour les vétérans des conflits plus récents.

Le député de la Nouvelle-Écosse a pris pour exemple sa province afin d'estimer les pertes de financement éventuelles: il affirme que le gouvernement fédéral y dépense actuellement 41 millions $ par année pour 334 lits de soins de longue durée réservés aux vétérans.

M. Stoffer dit ne pas avoir les données pour les autres provinces, mais il suppose qu'elles pourraient aussi s'attendre à devoir porter un lourd fardeau.

Le député croit que le gouvernement fédéral est moralement responsable d'assurer le financement des soins des anciens combattants, et ce peu importe la guerre à laquelle ils ont participé.

Le ministre des Anciens Combattants, Steven Blaney, a rétorqué que le gouvernement allait continuer à offrir des soins de longue durée pour les vétérans, incluant ceux qui ont combattu lors de conflits plus récents.

«Nous allons clairement offrir des soins de santé de longue durée à nos anciens combattants, et ce pour aussi longtemps que nécessaire, peu importe où ils se trouvent», a-t-il dit lors d'une entrevue.

Au dire du ministre, au fur et à mesure que le nombre d'anciens combattants diminue, le nombre de lits dans chaque province sera ajusté pour correspondre aux besoins.

«Au cours des deux dernières années, nous avons malheureusement perdu 40 000 de nos anciens combattants des conflits 'traditionnels'», a-t-il ajouté, se référant à ceux qui ont participé à la Deuxième Guerre mondiale et à la Guerre de Corée. «Voilà pourquoi nous nous ajustons à cette réalité, mais nous maintenons toujours le même niveau de service pour tous les anciens combattants recevant des soins de longue durée.»

Le ministre Blaney a émis ces commentaires alors qu'Ottawa envisage de réduire le nombre d'employés au ministère des Anciens Combattants. Une note d'information envoyée aux employés indique que 800 postes seront abolis au cours des trois prochaines années, en vertu du budget fédéral.

Dans cette note, obtenue cette semaine par La Presse Canadienne, le sous-ministre précise que les postes sont abolis en raison de la diminution du nombre de vétérans requérant des soins.

Des défenseurs des droits des anciens combattants contredisent depuis longtemps cette affirmation, soutenant que bien que le nombre de vétérans de conflits du 20e siècle diminue, des milliers d'autres sont entrés dans le système après avoir combattu en Afghanistan.