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12/04/2012 02:05 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Tunisie: des diplômés chômeurs vont poursuivre le ministre de l'Intérieur

Des diplômés chômeurs tunisiens ont décidé de poursuivre en justice le ministre de l'Intérieur Ali Larayedh tenu responsable des brutalités policières pendant la dispersion de manifestations les 7 et 9 avril dans Tunis, ont annoncé jeudi leurs représentants.

"Nous avons demandé à des avocats d'entreprendre la procédure contre le ministre de l'Intérieur et nous exigeons une enquête sur la violence exercée contre les manifestants le 7 e 9 avril à Tunis", a déclaré à la presse Belgacem Ben Abdallah, dirigeant de l'Union des diplômés chômeurs.

M. Ben Abdallah, également coordinateur national des diplômés sans emploi, a indiqué que 27 militants chômeurs avaient été blessés le 7 et 9 avril lors de la dispersion musclée par les forces de l'ordre de manifestations.

Il a en outre dénoncé la participation "d'individus étrangers aux corps de sécurité", selon lui, dans la répression des manifestations.

Ces protestations marquées par des brutalités policières sans précédent depuis la prise de fonction du gouvernement dirigée par le parti islamiste Ennahda en décembre dernier ont soulevé un tollé dans les rangs de l'opposition et de la société civile.

Samedi dernier, les diplômés chômeurs avaient été dispersés par la police à coups de gaz lacrymogènes et empêchés d'accèder à l'avenue centrale Habib Bourguiba interdite aux rassemblements par le ministère de l'Intérieur.

Les protestataires qui s'étaient alors repliés sur une place devant les locaux de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT, centrale syndicale) ont participé lundi à une manifestation commémorant "la journée des martyrs".

"Nous sommes venus manifester pacifiquement pour l'emploi, la liberté et la dignité car rien n'a changé depuis la révolution, avait indiqué alors Belgacem Ben Abdallah.

Le gouvernement a annoncé mercredi la création d'une "commission d'enquête indépendante" sur les incidents et la levée de l'interdiction de manifester sur l'avenue Habib Bourguiba.

Selon M. Ben Abdallah, les manifestants veulent des emplois et des allocations de chômage équivalant au salaire minimum tunisien (environ 150 euros). Les diplômés composent 30% des chômeurs en Tunisie où le taux de chômage a grimpé à 19% en 2011 contre 14% en 2010.

Bsh/jpc