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12/04/2012 02:12 EDT | Actualisé 11/06/2012 05:12 EDT

Syrie: l'opposition appelle à manifester après le cessez-le-feu

Le chef du Conseil national syrien (CNS), principale composante de l'opposition, a appelé jeudi les Syriens à manifester après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu censé mettre fin à plus d'un an de violences sanglantes.

Cet appel semble être un moyen de tester les intentions du régime de Bachar al-Assad dont les troupes, qui restent déployées en force dans les hauts lieux de la contestation, ont toujours réprimé les manifestations hostiles au pouvoir et appelant à des réformes démocratiques.

"Nous appelons le peuple à manifester et à s'exprimer car c'est un droit absolu, les manifestations étant un point essentiel du plan" de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue Arabe Kofi Annan, affirmé à l'AFP Burhan Ghalioun.

Le plan en six points stipule, outre le cessez-le-feu et le retrait des troupes des centres urbains, la "liberté d'association et le droit de manifester pacifiquement" notamment.

"Le cessez-le-feu n'a aucune valeur s'il ne permet pas au peuple de manifester et le plan Annan n'a aucune valeur s'il ne permet pas la transition du pays vers un gouvernement démocratique pluraliste", a dit M. Ghalioun.

"Et le début de ce processus de transition, c'est le droit du peuple à manifester et la liberté de la presse", a poursuivi le chef du CNS.

Interrogé sur les intentions du régime concernant le respect du cessez-le-feu entré en vigueur à 03H00 GMT, il a exprimé son scepticisme. "Nous attendons pour voir, la journée n'est pas terminée, nous ne faisons pas du tout confiance au régime d'autant que les troupes ne se sont pas retirées encore".

Les autorités syriennes ont annoncé qu'elles mettraient fin aux opérations militaires tout en prévenant que l'armée répondrait à toute attaque "terroriste", en référence aux rebelles qui se sont engagés à respecter l'ultimatum.

"Il y a cessez-le-feu mais ils disent qu'ils sont prêts à tirer à tout moment ... Que signifie cela ?" s'est insurgé M. Ghalioun.

Plus de cinq heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, aucune violation n'a été constatée, selon une ONG syrienne et des militants.

M. Ghalioun a appelé "tous les pays soutenant la mission (de M. Annan) à surveiller l'application à la lettre du plan, notamment concernant le droit de manifester et de s'exprimer" et "à assurer des moyens de protection du peuple s'il est visé par des tueries".

"Le vrai test sera vendredi, jour de manifestations, pour voir si les forces du régime vont tirer sur la foule", a indiqué de con côté à l'AFP Moaz, un militant des Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain.

Les violences ont fait selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) plus de 10.000 morts en majorité des civils depuis l'éclatement de la révolte réprimée par le régime qui ne reconnaît pas la contestation et l'assimile à du "terrorisme".

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