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12/04/2012 05:53 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Procès du tabac: Imperial Tobacco Canada ciblait les adolescents

Des documents examinés dans le cadre du procès des industriels canadiens du tabac suggèrent que la stratégie marketing d'Imperial Tobacco Canada ciblait les jeunes, ce que le cigarettier nie depuis le début du procès il y a un mois, a-t-on appris jeudi au cours de l'audience.

Interrogé à ce sujet par Me Bruce Johnston, avocat des requérants, le témoin Anthony Kalhok, ancien vice-président marketing chez Imperial Tobacco Canada, a réaffirmé que sa compagnie ne visait que "les fumeurs existants, de 18 ans et plus".

Ce n'est pas l'avis de Mario Bujold, directeur général du Conseil québécois sur le tabac et la santé. Selon lui, le témoignage de M. Kalhok éclaire "les stratégies marketing que les compagnies du tabac ont pu utiliser, notamment auprès des jeunes".

M. Kalhok était à la tête du marketing lorsque Imperial Tobacco Canada a effectué une première recherche sur l'âge auquel les Canadiens commencent à fumer, en septembre 1975. "Environ 20% (des fumeurs) commencent avant 15 ans", note le rapport en question.

Une autre enquête montre que le cigarettier a fait conduire des études sur des adolescents de 16 et 17 ans, leur demandant ce qui les avait incités à fumer, souvent dès l'âge de 11 ou 12 ans.

Intitulé "Project 16", ce document est le résultat d'enquêtes menées en 1977 auprès de garçons et de filles de 16 et 17 ans en Ontario, réalisées par une société de recherche en marketing à la demande d'Imperial Tobacco Canada.

Outre le processus psychologique qui pousse les jeunes de 11 à 13 ans à fumer, le rapport décrit leur réaction aux réclames publicitaires.

Il conclut notamment que "les publicités destinées aux adolescents doivent dénoter une absence de superficialité et un sentiment d'honnêteté (...) Si la liberté, face à la pression et à l'autorité, peut aussi être communiquée, c'est d'autant mieux."

Ce procès fleuve réunit en recours collectif près de deux millions de fumeurs et ex-fumeurs québécois, qui réclament aux industriels canadiens du tabac --Imperial Tobacco Canada (filiale de BAT), JTI-Macdonald et Rothmans/Benson&Hedges-- quelque 27 milliards de dollars de dommages et intérêts.

str/via/sam