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12/04/2012 12:21 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Observateurs en Syrie: un projet de résolution déposé jeudi à l'ONU (Juppé)

Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a indiqué qu'un projet de résolution sur le déploiement d'une mission d'observateurs en Syrie serait déposé jeudi après-midi au Conseil de sécurité de l'ONU.

"Nous soutenons à fond le projet de déploiement sur le terrain d'une mission d'observateurs", a déclaré jeudi M. Juppé après une réunion de ses homologues du G8 à Washington, précisant que le texte qui sera déposé à 15H00 heure locale (19H00 GMT) avait été élaboré conjointement avec les Etats-Unis et les Britanniques.

"Je vois mal comment la Russie pourrait s'opposer à ce projet de résolution", a observé le ministre français, qui a dit avoir bon espoir que Moscou s'y "associe".

Le projet de résolution prévoit l'envoi d'une "équipe avancée de quelques dizaines d'observateurs dans les jours qui viennent et dans la foulée d'une force qui pourrait être de plusieurs centaines" d'observateurs, a dit M. Juppé.

La mission doit être "robuste, suffisamment nombreuse et équipée pour pouvoir se déplacer librement dans le pays sans être à la merci de la bonne volonté du régime de Damas", a encore estimé le représentant de Paris .

A New York, l'ambassadeur de Russie auprès de l'ONU, Vitali Tchourkine, avait déclaré auparavant que le Conseil de sécurité pourrait adopter vendredi une résolution autorisant l'envoi en Syrie d'observateurs internationaux.

M. Tchourkine, dont le pays a opposé par deux fois son veto à de précédentes résolutions condamnant les violences en Syrie, a indiqué à des journalistes que Moscou soutiendrait une telle résolution et espérait voir des observateurs en Syrie dès la semaine prochaine.

Il a souligné qu'il s'agirait dans un premier temps d'un groupe de 20 à 30 personnes. Une partie de ces observateurs pourrait provenir du contingent de la mission de l'ONU sur le Golan, a-t-il précisé.

Mais sur le fond, les différences de vue avec Moscou subsistent, selon Alain Juppé.

"Nous restons en divergence sur l'analyse de la situation. Pour nous, il n'est pas question de renvoyer dos-à-dos les différents acteurs sur le terrain. La responsabilité pèse pour l'essentiel sur le régime" syrien, a-t-il martelé.

Evoquant la médiation de Kofi Annan, l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe, M. Juppé a évoqué un "rapport en demi-teinte", le cessez-le-feu semblant être effectif mais l'armée syrienne n'ayant pas quitté les centres urbains comme elle était censée le faire.

"Il est encore trop tôt pour manifester une vraie satisfaction sur l'évolution de la situation, nous avons été trop habitués par le passé aux annonces de la part du gouvernement syrien non suivies d'effets", a-t-il mis en garde.

La France a d'ailleurs "réuni un certain nombre d'éléments de preuve qui permettraient le cas échéant le moment venu, notamment à l'ONU, de saisir la justice internationale", a rappelé le ministre, selon qui, "il y a eu des crimes contre l'humanité qui ont été commis à l'évidence".

Les violences en Syrie ont entraîné la mort de près de 10.000 personnes, en majorité des civils, depuis le début de la contestation en mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

mra-bar/sam