DIVERTISSEMENT
12/04/2012 11:00 EDT | Actualisé 12/04/2012 11:01 EDT

Normand Brathwaite lance sa biographie: «Comment travailler comme un nègre sans se fatiguer» (ENTREVUE/PHOTOS)

Normand Brathwaite

«L'élève Normand Brathwaite n'a aucune chance dans le métier». C'est ce que lui ont dit ses professeurs, à sa sortie de l'école de théâtre. «Et ils avaient raison», ajoute le principal intéressé, «car j'avais étudié pour devenir acteur de théâtre. Ils ont par contre ajouté que je ferais sans doute autre chose, qui serait dans cette branche. Ils n'ont finalement pas eu complètement tort», explique un Normand Brathwaite à l'air heureux et calme.

C'est pour la sortie de sa biographie «Comment travailler comme un nègre sans se fatiguer», écrite par la journaliste du quotidien La Presse Isabelle Massé, qu'il est là. Et c'est pour Isabelle - qui a dû se faire insistante pour le convaincre de la laisser écrire son autobiographie – et pour le public qui le suit depuis trente ans qu'il a bien voulu se replonger dans le passé.

«Ma réponse a été longue», avoue Normand Brathwaite. «Une biographie, je trouvais cela extrêmement prétentieux. Surtout pour moi qui dit tout de ma vie. Mais lorsqu'Isabelle et moi nous sommes mis à parler de l'histoire des noirs au Québec, de mes parents, d'où nous venions, cela m'a plu. Je voulais que le livre parle de l'arrivée des noirs à Montréal plutôt que de parler uniquement de moi et que ce soit intéressant à lire. Et puis, je dois bien ça au monde, du moins à ceux que ça intéresse», ajoute-t-il.

Le fait que ce soit Isabelle Massé qui soit à la tête du projet a beaucoup pesé dans la balance pour l'artiste. «Je lui faisais confiance. Elle a décidé de ne pas faire un livre complaisant et c'est ce que je voulais. C'est déjà assez gênant d'avoir sa biographie», dit-il.

«Je m'étais tellement imprégné de sa vie que je savais comment j'allais raconter les choses», explique Isabelle Massé. «Normand se trouvait d'abord trop jeune, puis nous nous sommes rendus compte que, de sa jeunesse, il n'en avait jamais parlé.»

Quatre ans d'entrevues et d'écriture plus tard, «Comment travailler comme un nègre sans se fatiguer» nous plonge dans l'univers de Normand Brathwaite, de sa jeunesse à son succès dans le «show business», de l'arrivée des noirs à Montréal à la possibilité pour une personne de couleur d'animer la fête nationale des Québécois.

Une vie pas toujours drôle

Que croit-il que les gens seront surpris d'apprendre en lisant ce livre? «Comment ce n'est pas facile, travailler à la télé», répond Normand Brathwaite d'un trait. «Que pour travailler aussi fort, il y a de l'usure qui se crée, physiquement et moralement. Mais les gens vont surtout apprendre d'où je viens et pourquoi je suis là.» Des questions qu'il se posait lui-même et un cheminement qu'il se devait de faire.

Lire le livre d'un bout à l'autre fut très dur pour Normand Brathwaite. «Il y a eu des bouts roughs dans ma vie, dans mon métier, dans mon enfance. Il y a des gens qui pensent que je suis une machine à travailler, et bien non. Lorsque je lis cela, je me rends compte que je n'ai pas été un père toujours présent par exemple... alors oui c'est difficile.»

Le livre aborde aussi la dépression qu'il a vécue. «J'en parle beaucoup parce que j'en ai parlé une fois à la télévision et j'ai reçu une tonne d'appels d'amis du métier qui vivaient la même chose. Je savais qu'il fallait que j'aille là dans le livre.»

Celui qui a une peur constante de ne pas être à la hauteur, malgré toutes ces années de métier, n'hésite pas à le dire: «Sur scène je performe, mais je ne peux pas dire que je m'amuse tout le temps.»

La préface - hilarante! - de sa biographie, il l'a confiée à son bon ami Marc Labrèche; le gars dont il est le plus près au monde. «Il y a juste des femmes dans ma vie, il est mon seul ami de gars. On est comme un vieux couple», explique Normand Brathwaite en riant.

Si tout fonctionne comme prévu, ce vieux couple, nous le verrons avec bonheur en duo à la télévision.

«Nous voulons reprendre les Couche-tard (un talk-show de fin de soirée autrefois animé par Jacques Normand et Roger Baulu). Mais dans trois ans, quatre ans seulement, quand on sera un peu plus vieux, un peu plus mononcles.»

INOLTRE SU HUFFPOST

Galerie photo Normand Brathwaite Voyez les images