NOUVELLES
12/04/2012 12:48 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Mission d'observation en Syrie: l'ONU pourrait voter sa première résolution

Le Conseil de sécurité de l'ONU pourrait adopter vendredi sa première résolution sur la Syrie autorisant l'envoi d'une équipe d'observateurs internationaux chargés de surveiller le fragile cessez-le-feu, ont indiqué des diplomates.

Les ambassadeurs des 15 pays membres devaient commencer jeudi après-midi à en discuter, à la demande du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, a indiqué l'ambassadrice américaine Susan Rice, dont le pays préside le Conseil en avril.

Selon le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, un projet de texte élaboré par la France, les Etats-Unis et le Royaume Uni sera sur la table du Conseil jeudi après-midi.

La Russie et la Chine, qui depuis le début de la crise syrienne il y a 13 mois ont mis leur veto à deux résolutions du Conseil condamnant la répression, ont indiqué qu'elles soutiendraient cette initiative.

"Nous soutiendrons le déploiement de la mission d'observation en Syrie et le premier groupe d'observateurs peut être déployé trés bientôt", a déclaré l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine. La Russie souhaite que les observateurs "soient sur place dès que possible" et espère voir la résolution adoptée vendredi.

Il s'agirait dans un premier temps, a-t-il dit, d'un groupe de 20 à 30 personnes qui pourraient être sur place "au début de la semaine prochaine". "Déployer une mission en bonne et due forme prendra du temps", a-t-il ajouté.

Kofi Annan "a demandé le déploiement d'une mission d'observateurs dès que possible (..) il a notre plein soutien", a déclaré l'ambassadeur chinois Li Baodong.

Selon Mme Rice, Kofi Annan a demandé qu'une "mission en bonne et due forme", comportant davantage d'observateurs, soit déployée dans un deuxième temps, à condition que le cessez-le-feu tienne et que Damas fournisse certaines garanties pour cette mission.

Il s'agit de s'assurer que les observateurs aient une pleine "liberté de mouvement", des "garanties de sécurité" et un "accès sans entrave" à la population syrienne et que leurs communications soient sécurisées.

Selon les projections faites par l'ONU, à terme ce sont quelque 250 observateurs non armés qui pourraient être déployés sous la protection de l'armée syrienne mais un déploiement complet prendrait des mois.

Le général norvégien Robert Mood sera sur place vendredi pour préparer l'arrivée des premiers observateurs, a annoncé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Selon Mme Rice, Kofi Annan a déclaré aux ambassadeurs du Conseil qu'un "calme fragile semblait prévaloir" en Syrie malgré des "informations non confirmées sur des violences dans certains villes".

Le médiateur a aussi insisté sur la nécessité que les troupes et les armes lourdes syriennes encore stationnées dans les villes rebelles "rentrent dans leurs casernes immédiatement" comme Damas s'y était engagé en application de son plan de paix.

Pour l'instant, le gouvernement syrien "n'applique pas dans son intégralité" ce plan, a expliqué Mme Rice, citant l'exposé de Kofi Annan.

Le cessez-le-feu entré en vigueur jeudi matin est "un premier pas fragile" et "il incombe toujours au gouvernement syrien" de respecter ses obligations, a affirmé l'ambassadrice, faisant part de son "scepticisme".

M. Tchourkine a préféré avertir l'opposition syrienne qu'elle ne devrait pas appeler à des "manifestations de masse" contre le régime. "Nous reconnaissons le droit de manifester mais (..) nous sommes très inquiets de la possibilité de provocations en cas de grand rassemblement".

Pour l'ambassadeur russe, il faut que Kofi Annan "obtienne très bientôt l'accord de l'opposition pour entamer un dialogue avec le gouvernement syrien".

avz