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12/04/2012 07:32 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Mali: le président de l'Assemblée nationale devient chef d'État par intérim

BAMAKO, Mali - Le nouveau président malien par intérim a été assermenté jeudi, en promettant de garder le pays intact après la déclaration d'indépendance des rebelles touaregs dans le Nord et le coup d'État dans la capitale.

Dioncounda Traoré, président de l'Assemblée nationale, sera président du Mali pendant 40 jours, conformément à la Constitution et à l'accord conclu entre les médiateurs ouest-africains et le chef de la junte qui a pris le pouvoir le 22 mars.

Le chaos ayant suivi le putsch a permis aux rebelles touaregs de s'emparer de plusieurs localités du nord du Mali et de déclarer l'indépendance du territoire sous leur contrôle. L'instabilité a aussi permis à une faction islamiste qui veut imposer la charia d'étendre son influence dans la région.

Le foule a applaudi jeudi lors de la cérémonie quand le chef de la junte, le capitaine Amadou Haya Sanogo, a serré la main de M. Traoré. Le nouveau président a déclaré qu'il n'accepterait jamais la partition du Mali.

«Nous n'hésiterons pas à lancer une guerre totale et acharnée pour regagner notre intégrité territoriale et pour expulser de notre pays tous ces envahisseurs qui apportent du désespoir et de la misère», a dit M. Traoré.

Le transfert du pouvoir survient alors que l'ONU est de plus en plus préoccupée par les violences dans le nord du Mali, où les rebelles sont divisés entre un groupe laïque et une faction islamiste. Des militants de la filiale nord-africaine d'Al-Qaïda sont aussi présents dans la région.

La Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Navi Pillay, a déclaré jeudi que la situation semblait se détériorer dans le nord du Mali. Des civils auraient été tués, volés, violés et forcés de fuir leur maison. Des hôpitaux et des installations médicales auraient été pillés, selon Mme Pillay.

«Les informations suggèrent aussi que les tensions entre les différents groupes ethniques se sont attisées, augmentant le risque de violences intercommunautaires», a dit Mme Pillay. «En plus, il semble que des femmes non voilées aient été menacées et intimidées, et des allégations veulent que les non-musulmans du nord du pays aient été délibérément visés et tués par des groupes extrémistes religieux.»

Selon la Constitution malienne, le président de l'Assemblée nationale doit assurer l'intérim de la présidence pendant une durée maximale de 40 jours afin d'organiser de nouvelles élections.

L'accord signé vendredi entre le chef des putschistes et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) précise cependant que compte tenu de la situation dans le nord du pays, il ne sera vraisemblablement pas possible d'organiser les nouvelles élections dans ce délai.

Le nouveau président malien, qui dirige le principal parti politique du pays, est président de l'Assemblée nationale depuis 2007. Il s'est démarqué dans le mouvement syndical qui s'est opposé à l'ancien dictateur malien renversé en 1991. Dioncounda Traoré a occupé plusieurs hautes fonctions politiques et a été ministre à plusieurs reprises.