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12/04/2012 06:45 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Mali: du coup d'Etat à l'investiture du président intérimaire

Rappel des événements au Mali depuis le coup d'Etat qui a renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars, jusqu'à l'investiture jeudi de Dioncounda Traoré comme président intérimaire.

Celle-ci intervient alors que le Nord est entre les mains des rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), de mouvements islamistes armés, Ansar Dine en particulier, appuyé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et de divers groupes criminels.

--MARS 2012--

- 22: Des militaires annoncent avoir renversé le régime, l'accusant d'"incompétence" dans la lutte contre la rébellion touareg lancée en janvier et les groupes islamistes dans le Nord. Ils déclarent, au nom d'un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE), dirigé par le capitaine Amadou Sanogo, avoir dissous les institutions et suspendu la Constitution.

- 23-26: Le coup d'Etat est unanimement condamné par la communauté internationale. Les Etats-Unis, après l'Union européenne (UE) et plusieurs pays, suspendent leur aide, hors humanitaire.

- 27: Réouverture des frontières ainsi que des administrations et des commerces. Levée du couvre-feu.

- 30: Le mouvement islamiste armé Ansar Dine, appuyé par le MNLA et des éléments d'Aqmi, s'empare de Kidal (nord-est). Le 31, les rebelles prennent Gao, qui abritait l'état-major régional de l'armée.

--AVRIL--

- 1er: La junte promet le retour à un pouvoir civil et une transition vers des élections à une date non précisée. Le MNLA prend Tombouctou, dernière ville du Nord encore sous contrôle gouvernemental.

- 2: La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) décide un "embargo total" contre la junte et "la mise en place immédiate" de sa force militaire.

Les islamistes d'Ansar Dine et d'Aqmi prennent Tombouctou et en chassent le MNLA.

- 3: Sanctions de l'Union africaine contre la junte et les groupes armés touareg et islamistes.

- 4: La junte dénonce "de graves violations des droits de l'Homme" dans le Nord, et plus particulièrement à Gao, depuis "l'invasion des combattants MNLA, Ansar Dine et Aqmi".

- 6: Le MNLA proclame "l'indépendance de l'Azawad". La communauté internationale rejette unanimement cette déclaration.

"Accord-cadre" entre la junte et des représentants de la Cédéao, prévoyant le transfert du pouvoir aux civils et la désignation d'un président de la République et d'un Premier ministre de transition.

- 8: Le président Touré démissionne formellement. La Cédéao annonce la levée de toutes les sanctions contre le Mali. Un groupe dissident d'Aqmi revendique le rapt de sept diplomates algériens à Gao.

- 11: La Commission européenne met en garde contre le risque d'une catastrophe humanitaire dans le Nord.

- 12: Dioncounda Traoré, ex-président de l'Assemblée nationale, est investi président et menace d'une "guerre totale et implacable" les rebelles touareg et les groupes islamistes armés qui occupent tout le Nord. "J'ai conscience d'être président d'un pays en guerre", déclare-t-il.

La Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme est "vivement préoccupée par les rapports ininterrompus sur de graves violations de droits de l'Homme" dans le Nord.

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