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12/04/2012 01:16 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Les grandes puissances réclament une mission d'observation en Syrie

Les grandes puissances réunies lors d'un sommet du G8 à Washington ont réclamé jeudi l'envoi d'une mission d'observation en Syrie pour contrôler la mise en oeuvre du cessez-le-feu, qualifié de "premier pas fragile" vers la paix après plus d'un an de violences.

Présent à Washington, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a annoncé qu'un projet de résolution sur le déploiement d'une mission d'observateurs serait déposé jeudi après-midi au Conseil de sécurité de l'ONU.

"Nous soutenons à fond le projet de déploiement sur le terrain d'une mission d'observateurs", a-t-il déclaré après une réunion de ses homologues du G8, précisant que le texte avait été élaboré conjointement avec les Etats-Unis et les Britanniques.

Le projet prévoit l'envoi d'une "équipe avancée de quelques dizaines d'observateurs dans les jours qui viennent et dans la foulée d'une force qui pourrait être de plusieurs centaines" d'observateurs, a dit M. Juppé. "Les observateurs devront "pouvoir se déplacer librement", sans dépendre du bon vouloir de Damas, a estimé le représentant de Paris.

A New York, l'ambassadeur de Russie auprès de l'ONU, Vitali Tchourkine, avait déclaré auparavant que le Conseil de sécurité pourrait adopter vendredi une résolution autorisant l'envoi en Syrie d'observateurs internationaux.

M. Tchourkine, dont le pays a opposé par deux fois son veto à de précédentes résolutions condamnant les violences en Syrie, a déclaré à des journalistes que Moscou soutiendrait une telle résolution et espérait voir des observateurs en Syrie dès la semaine prochaine.

Il a précisé qu'il s'agirait dans un premier temps d'un groupe de 20 à 30 personnes. Une partie de ces observateurs pourraient être prise sur le contingent de la mission de l'ONU sur le Golan, a-t-il précisé.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton, a également proposé d'envoyer une équipe "immédiatement", "pour commencer le travail".

Les ministres des Affaires étrangères du G8 --Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie-- ont dans leur grande majorité accueilli favorablement le cessez-le-feu, mais aussi souligné qu'il ne s'agissait que d'une première étape.

"S'il est respecté, le cessez-le-feu est un pas important, mais ce n'est qu'un seul élément du plan" de paix en six points de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan, a déclaré Mme Clinton.

Le président syrien Bachar al-Assad ne saurait se contenter de "faire le tri et de choisir" ce qui lui plaît dans ce plan, a insisté Mme Clinton. "Le plan Annan n'est pas un menu d'options, c'est un ensemble d'obligations".

Mme Clinton s'est dite "encouragée" par le fait que son homologue russe Sergueï Lavrov, qu'elle a rencontré à la mi-journée, "soit tombé d'accord avec Kofi Annan pour dire que ce premier pas fragile n'est qu'un premier pas".

"Il est encore trop tôt pour manifester une vraie satisfaction sur l'évolution de la situation", a souligné M. Juppé. "Nous avons été trop habitués par le passé aux annonces de la part du gouvernement syrien non suivies d'effets".

La Syrie doit encore retirer "les troupes et les armes des zones d'habitations", a estimé le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague.

"Nous devons voir des signes de changement clairs, vérifiables, indiscutables. L'opposition (syrienne) doit également assurer qu'elle adhère au cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

eg-mra/rap